09.06.2009

Prochaine Débat du Club

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03.02.2009

Parce que nous respectons réellement les étrangers

Intervention lors du conseil municipal de Strasbourg du 2 février 2009

robert grossmann.jpgMonsieur le Maire,

Le projet que vous soumettez aujourd’hui à notre conseil ne s’inscrit pas dans une vision de société moderne, ouverte et accueillante. Il semble plutôt constituer un nouveau sacrifice aux dogmes figés d’un socialisme conservateur, incapable de se renouveler et de vivre avec son temps.

La création d’un conseil des étrangers est un à la fois un archaïsme et une fiction sur une toile de fond qui est la volonté permanente de créer des effets d’annonces.

En effet, et cela me semble être une de vos principales motivations, vous souhaiteriez afficher médiatiquement une intention généreuse, en essayant dans le même mouvement, de démontrer que le PS et la gauche, vous par conséquent, ont le monopole et l’exclusivité de la générosité, du cœur, de l’intelligence. Et donc que tous ceux qui sont étrangers au PS se trouveraient rejetés dans le champ des ténèbres.

C’est bien cela qui se dégageait des déclarations à la presse de l’adjointe chargée de ce dossier, qui n’a pu s’empêcher de s’en prendre une fois de plus à l’ancienne municipalité.
Et je note que cette diabolisation, ce manichéisme, constitue l’axe principal de votre comportement politique.

Je souhaiterais expliquer ici en quoi vous commettez une erreur et en quoi ce projet porteur de désillusions pour tous les strasbourgeois et les étrangers eux mêmes, en particulier.

Analysons d’abord le mot étranger.

Il véhicule bien des charges, de la plus claire, à la plus sombre.

De manière simple l’étranger est celui qui n’a pas la même nationalité que la nôtre, qui n’est pas de chez nous, mais qui est de passage chez nous. Mais ce mot a pris, par un certain usage, des connotations négatives et, au pire, « l’étranger » sous entend une frontière dans les esprits, une distance, voire un rejet.

Le mot étranger nait au XIVème siècle et dérive du mot « étrange »…Par là même se trouve posé tout le problème de l’altérité : « l’autre » si difficilement admis par tous ceux, nombreux, qui ne comprennent que ce qui leur ressemble.

En voulant instaurer un conseil des étrangers, vous créez un cercle discriminant qui désigne les étrangers en les isolant et cela ne procède pas d’humaniste et pourrait même faire penser à la société de la Rome antique avec ses classes ségréguées.

Une société moderne ne devrait pas se développer sur une stigmatisation de l’étranger et l’emploi même de ce mot dans la formule « conseil des étrangers », de manière si visible et si médiatique emporte des effets négatifs.

Pire, créer un conseil des étrangers c’est plus qu’une stigmatisation qui risque de réveiller chez les plus frustes de nos concitoyens des xénophobies enfouies, c’est enfermer les étrangers politiquement, célébrer et officialiser leurs différents replis identitaires, c’est en quelque sorte les ghettoïser.

Pourquoi d’ailleurs cette volonté de les regrouper ? Pourquoi ne pas laisser à chaque individus sa singularité et son libre arbitre, pourquoi cette collectivisation si ciblée ?

peut avoir des éléments de réponses en analysant le montage de votre affaire.

De vos documents il ressort que vous commencez par exclure tout ce qui est européen. C’est un apartheid dans l’apartheid…Pas de conseil pour eux.

Vous ne voulez donc vous adresser qu’à des étrangers extra européens, magrébins, africains, turcs, asiatiques.

Que peuvent en penser tous les strasbourgeois, dans leur ensemble, et les européens en particulier ? Je vous le laisse deviner…

Je passe sur la complexité de votre agencement avec ses collèges et ses commissions. Vous aimez tellement ça créer des conseils, des collèges, et des commissions. Que ça dysfonctionne par la suite n’est pas votre affaire, nous le voyons avec nos commissions à nous…

L’idée générale qui semble sous tendre votre projet est de « favoriser l’accès aux droits effectifs pour les immigrés »

On pense immédiatement au droit de vote et vous l’exprimez d’ailleurs, puisque les immigrés bénéficient de droits et d’avantages sociaux reconnus.

Une question comme le droit de vote n’est pas du ressort d’une municipalité à plus forte raison d’un conseil des étrangers. Ceux qui pourraient s’imaginer obtenir le droit de vote avec votre conseil seraient donc induits en erreur.

Mais alors, avec ce programme que vous voudriez séduisant et attractif pour les étrangers, quel est votre objectif ?

Un commencement d’explication nous parvient grâce à l’un de vos conseillers municipaux impliqué dans le processus et qui dit, chose stupéfiante, « il s’agit de favoriser le regroupement autour d’affinités ou de convergences politiques »

On ne saurait être plus clair : il s’agit d’une machinerie politicienne, tendant à insérer des étrangers dans un conseil … socialiste pour les faire « converger » vers le socialisme. On peut aussi se demander à quel type d’affinités il est fait allusion, affinités électives, religieuses, philosophiques, ethniques ? Une réponse précise s’impose mais ne dissipera pas le malaise.
Par conséquent, en plus de son effet discriminant, votre affaire constitue une supercherie peu respectueuse des hommes et des femmes que vous cherchez ainsi à attraper dans un amer pot au miel socialiste.

Nous avons une autre conception des hommes et des femmes qui ne sont pas de nationalité française mais qui vivent chez nous. D’abord nous n’avons jamais tenté de les embrigader. Ensuite nous n’avons jamais voulu les regrouper par affinités, ni philosophiques, ni ethniques, ni religieuses.

Nous demandons qu’on les respecte, qu’on ne leur fasse pas miroiter des avantages qu’il n’est pas possible d’acquérir par le truchement de ce conseil.

Nous demandons qu’on les considère comme des strasbourgeois à part entière donc sans apartheid d’aucune nature, ni avec les européens ni avec tous les autres.

Au total j’ai la conviction que toutes les belles intentions que vos affichez de manière si légère sont fondées sur du vent médiatique et que ce sont de pervers effets inverses qui seront générés par ce conseil des étrangers.

Pour toutes ces raisons et en manifestant aux étrangers de Strasbourg tout le respect que je viens d’évoquer, notre groupe ne votera pas pour ce projet.

Robert GROSSMANN

05.01.2009

Bonne année, Bonne santé !!!

bonne année.jpgIl est des formules consacrées qui fleurissent tous les ans sur les cartes et les calendriers. On vous souhaite tout ce que vous vous souhaitez avec ce mot de la fin « et surtout la santé ».

Ces vœux sont pieux, mais à les regarder de près, on se rend compte que ces vœux nient notre propre part dans notre propre destin. Ils sous-entendent que nous sommes devant un avenir inéluctable et que nos amis et connaissances, avec leurs bonnes pensées, cherchent à infléchir un sort malheureux qui nous attendrait. Nous allons donc dire les choses autrement « Vous avez une nouvelle année devant vous, comme une page blanche ; faites en ce qu’il y a de mieux pour vous ». Nous sommes tous responsables des grands axes de notre destinée. Il y a des moments, en effet, où nous avons le choix, le choix de dire « oui » ou « non » dans tous les domaines. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à cette personne qui nous demande de partager notre vie. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à la cigarette ou au « bienenstich ». Nous pouvons dire « oui » ou « non » dans les urnes. Ce sont des choix qui nous appartiennent et qui influent notre vie pour de longues années. Notre vœu, pour vous, sera de faire les bons choix, dans toutes les circonstances de votre vie, afin que cette année et les autres qui suivent, vous remplissent de satisfaction.

Vous avez devant vous les calendriers des pompiers, des parents d’élèves, de votre banque, des infirmières, que des pages blanches qui n’attendent que vos annotations, vos rendez-vous chez le pédicure, chez le kiné, chez le médecin, vos rendez-vous pour la belote, le Kaffekraenzel, la galette des rois et j’en passe. N’oubliez pas vos échéances électorales ou les réunions où se discute l’avenir de votre quartier, de votre ville ou de votre pays. N’omettez pas les jours et les heures où votre voix compte. « Ich hab mitgemacht, ich hab’s guet gemacht, drum worr’i au nit ussgelacht. » Le Club des Démocrates pour le Progrès vous souhaite de bien œuvrer pour votre bonheur et souhaite vous voir dans les soirées de son Club.

Bonne année à tous et surtout l’esprit citoyen !

12.11.2008

Conversation avec Jean d’Ormesson : Partie II

Jean d’Ormesson nous parle de la citoyenneté, des écrivains et de leur engagement, des hommes politiques qui « écrivent ».  Céline et Brasillach, sont évoqués. De Gaulle aussi…
« En réalité, affirme-t-il, la littérature est étrangère à la politique »

 

05.11.2008

Conversation avec Jean d’Ormesson

Jean d’Ormesson : « Citoyenneté ? La littérature c’est n’importe quoi… »


C’est sans doute inédit et un peu original mais Jean d’Ormesson, tout en évoquant son dernier livre, à confié à Robert Grossmann et à Jamila Azeroual, responsable jeunesse et vie étudiante du club, qu’il n’y avait, selon lui, aucun lien à établir entre littérature et citoyenneté.  “La littérature c’est n’importe quoi” a-t-il répliqué de manière un peu provocante.

A voir! Car ses propos et son analyse sont bien plus complexes, toujours aussi passionnants et peut-être faut-il y entendre aussi du second degré.



31.10.2008

Une très belle soirée !

Boof.jpgNous tenons à remercier chaleureusement nos invités, le Dr Jean MEYER et Mr BOUKOBZA, qui auront permis que le débat d’hier soir soit une grande réussite et nous remercions par la même occasion l’ensemble des personnes présentes qui y auront contribué par leur participation active.

De ce débat ressort un élément important sur l’engagement où nos aînés ont souvent été appelés à se soulever contre l’injustice, contre l’oppression et la privation des fondements même de la République que sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

La question primordiale reste celle de savoir si nous pourrions mettre aujourd’hui autant d’énergie à se soulever non plus contre mais plutôt pour une cause.

Une autre question soulevée : nos aînés se sont battus pour leur patrie : la France. Quelle est notre patrie aujourd’hui ? Est-ce encore la France ou bien notre patrie est-elle devenue l’Europe ?

Pour nous, prévoir au mieux les comportements futurs c’est d’abord retenir les leçons des comportements passés.

Nous devons tous, après avoir été informés voire convaincus du bienfondé des changements à apporter à la société d’aujourd’hui, nous impliquer dans la vie citoyenne.

Le débat doit continuer sur notre Blog, n’hésitez pas à faire vos commentaires !

Stéphane BOOF

15.10.2008

La Marseillaise encore sifflée !

marseillaise.jpgAprès France Algérie, après France Marco, France Tunisie a lui aussi connu une véritable bronca au moment de l’hymne national Français. Comment est-il possible qu’un stade national, garni de plus de 75 000 spectateurs siffle ainsi son propre hymne ? Cela ne se voit nulle part ailleurs. Il n’y a qu’en France où cela se produit. Bien évidemment, on trouve rapidement des députés socialistes qui nous expliquent qu’il faut comprendre, que ces troubles trouvent leur origine dans notre passé colonial, etc, etc… Une fois encore, la gauche cherche à expliquer l’inexplicable pour excuser l’inexcusable.

Un hymne ça se respecte, peu importe la nationalité. La Marseillaise est le symbole de notre identité nationale, de notre histoire, de notre appartenance à la Nation comme Ala Khallidi l’est pour la Tunisie.

 

Ces dernières décennies, les politiques ont trop souvent délaissé les symboles, pourtant nécessaires, nous rattachant à l’idée de nation. Hymnes, étendard, valeurs, étaient presque devenus des éléments honteux et encombrants.

Il est maintenant temps de les réhabiliter au quotidien comme à l’école,  dans les édifices publics, dans les administrations mais aussi dans la sphère privée pour que la France puisse préserver ses spécificités qui font sa richesse et qui la différencient tant des autres nations européennes.


Geoffroy LEBOLD

24.09.2008

Défense du Parlement Européen à Strasbourg

7751a098bcbf064d974230a3b75c60bb.jpgDans le cadre de la défense de Strasbourg, Capitale Européenne, le club avait proposé aux élus municipaux de présenter une motion devant le conseil municipal demandant que l’ensemble des travaux parlementaires des eurodéputés se déroulent intégralement à Strasbourg.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que cette motion a été adoptée lundi dernier à l’unanimité. Voici son contenu

« Eu égard aux fondements historiques de la construction européenne, au choix de Strasbourg comme symbole  de paix et de réconciliation entre les peuples, le Conseil Municipal de Strasbourg demande instamment que les traités internationaux faisant de notre ville le siège officiel du Parlement Européen, soient respectés.

La présence du Parlement Européen revêt une importance forte pour l’emploi et le tissu économique de notre région et de notre Ville.

Le conseil municipal de Strasbourg demande que l’ensemble des travaux du Parlement Européen se déroulent à Strasbourg.

Cette solution sera de nature à garantir une plus grande visibilité de l’activité du parlement. Elle permettra également de mettre un terme aux navettes mensuelles entre Bruxelles et Strasbourg et  aux frais qu’elles entrainent. Elle garantira enfin un fonctionnement de cette institution moins consommateur d’énergie et donc plus conforme au développement durable et aux efforts engagés par l’Union Européenne contre le réchauffement climatique.
 »

Pour connaitre toute l’actualité de la vie politique de Strasbourg, nous vous invitons à découvrir le blog du Groupe Municipal des Démocrates Pour le Progrès.

12.09.2008

Le Recyclage des téléphones portables

90c927a43d7fb336038e6b4b95020387.jpgDr Hugues GEIGER

Ecologiste Indépendant
Adjoint au maire de Strasbourg et Vice-président de la CUS de 2001 à 2008


C’est avec surprise que j’ai découvert dans les DNA du 3 aout (Article du 3 aout.pdf) qu’il est difficile de recycler les téléphones portables en France et donc sur le territoire de la CUS. D ’autre part, cet article ne citait qu’une possibilité de recyclage via un grand magasin spécialisé.

C’est bien dommage de ne aller plus loin dans la réflexion car depuis de nombreuses années les DEEE ( Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques), et donc les téléphones portables, sont tout simplement récupérés pour recyclage dans les déchèteries fixes ou mobiles de la CUS.

Nous sommes donc à Strasbourg, très loin de la notion de balbutiements, il suffit d’aller à la déchèterie fixe ou mobile la plus proche et de déposer le téléphone portable dans le bac prévu à cet effet.

Le recyclage des DEEE se fait ensuite avec d’autres partenariats, dont un partenariat à Strasbourg avec l’association d’insertion « ENVIE ».

PS :  L’incinération des matières plastiques citée dans l’article, produit certes de l’énergie mais les plastiques sont des produits pétroliers qui par incinération produisent des gaz à effet de serre et des dioxines si ce sont des plastiques PVC. Dans ces conditions, il faut évidemment privilégier le recyclage du plastique.

Extrait de « TRI MAG » de février 2008 : D3E, comment ça marche ?

Pour se débarrasser d’un produit usagé, le consommateur a trois options possibles :
• le donner à une association d’économie sociale et solidaire, qui pourra le réutiliser,
• le redonner au distributeur lors de l’achat d’un neuf,
• le déposer dans une des sept déchèteries fixes ou une déchèterie mobile de la CUS.


Dès la collecte, les D3E sont triés, en quatre familles de produits nécessitant chacune des traitements ou des processus de dépollution spécifiques :
• le gros électroménager froid (réfrigérateurs, congélateurs), nécessitant l’extraction puis le traitement des CFC** et des huiles,
• le gros électroménager hors froid (fours, lave-linge…),
• les petits appareils (sèche-cheveux, grille-pains, téléphones portables, jouets, outils de bricolage…),

• les écrans et moniteurs (contenant des poudres électroluminescentes).

Les appareils sont ensuite collectés, regroupés et transportés vers les centres de traitement où ils seront dépollués et valorisés sous forme de matière première secondaire ou d’énergie.

L’éco-participation correspond au coût de la collecte et du recyclage d’un ancien produit. Clairement affichée pour chaque produit, elle informe de ce que coûte le recyclage du produit acheté.

**CFC : composés chimiques commercialement appelés fréon. Ils sont responsables de la dégradation de l’ozone. 

www.strasbourg.fr/environnement/collecte_dechets/...

19.07.2008

Les filles de nos banlieues et le fruit défendu

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Jamila AZEROUAL

Responsable Jeunesse et vie Etudiante

au sein du club des Démocrates Pour le Progrès



Et si nous commencions par le commencement ? Un retour en arrière pour éclairer le présent : la Bible, la Genèse.

Il y a d’abord cette si célèbre pomme, du latin « pomum » qui signifie « fruit ». Et il y a Eve, symbole de l’éternel féminin et mère de l’humanité.

Incapable de résister à la tentation et aux ruses de Satan mué en serpent, Eve, a croqué le fruit de cet “ arbre de la connaissance du bien et du mal ”, étonnamment le seul arbre aux fruits défendu dans tout le jardin d’Eden. Chassés du paradis, et condamnés à la souffrance et à la mortalité, quel fût l’échange entre Adam et Eve ?

En méditant cette histoire de la condition féminine, nous pourrions être tentés de penser, - pourquoi pas ?- qu’Adam, « père de l’humanité », n’a justement pas…digéré la pomme.

Depuis des milliers d’années et à travers le monde le bilan reste varié et ne cesse de nous interpeler. Une conclusion s’impose en permanence: la flagrante inégalité, la discrimination, hélas claire et visible entre homme et femme. Certes, il serait possible d’établir de manière cynique une échelle des souffrances et des violences infligées aux femmes selon des critères sociogéographiques : depuis les viols collectifs en Inde jusqu’à la lutte pour l’égalité professionnelle en France en passant par les mariages forcés en Afrique.

Savez vous qu’il y a une chanson populaire indienne qui dit : « Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", c’est dire…Cela fait donc quelques siècles que ça ne va pas fort pour les femmes...

Et pourtant, en allant au delà des barrières du convenu, on peut se demander si le message d’avenir et d’espoir ne viendrait pas d’elles justement ?

Tirant une balle chargée de mépris sur certains préjugés sexistes, des filles, des femmes ont choisi, aujourd’hui, en France, de créer leurs destins, d’en être les seules maîtresses et de s’assumer.

Malgré un conservatisme sexiste qui ne désarme pas et qui s’érige en principe de réalité sous de fallacieux critères socio-historiques, la nécessaire et inéluctable émancipation de la femme est en marche.

En réfléchissant au rôle et à la place de la femme, il n’est pas possible de ne pas évoquer le « cas » des quartiers et des banlieues, « zones sensibles ». Sensibles à quoi donc au juste? Au chômage, aux violences, aux trafics, aux préjugés, aux difficultés de la vie ?

Face à ces mêmes problèmes, à la même rancœur et parfois dans de plus mauvaise conditions de vie, les jeunes filles adolescentes ne participent quasiment jamais aux violences urbaines : leur mode d’expression est différent de celui exercé par les garçons et se caractérise plus souvent par une bataille positive en faveur de la réussite sociale (études, emplois, insertion,..).

Ces « filles des cités » et de l’immigration se montrent autrement plus combatives et réussissent à s’intégrer au sein de la société de bien meilleure manière. Ce sont elles, souvent, qui prennent les choses en main, qui engagent le dialogue avec les institutions au nom de leurs familles (réunions parents-profs pour le petit frère, problèmes administratifs, démarches diverses, recherche d’un emploi…).

Mais, il n’est pas possible de ne pas remarquer une certaine restriction de la liberté de mouvement des filles si l'on exclut le système scolaire ou les "sorties utiles et nécessaires" (courses, services administratifs,...). Certes le progrès est en marche et les choses évoluent de génération en génération, mais, dans ces quartiers, la mixité est encore trop souvent mise à mal par une ségrégation évidente et visible: des bandes de garçons d’un coté et des groupe de filles de l’autre, séparément…

Cet accès assez restreint à l’espace public se traduit pour les filles par une importance prépondérante de l'environnement familial, un "cocon protecteur" régi par des codes et des convenances « de type culturel ». Sœurs et cousines sont de fait des chaperons, amies, mais elles sont aussi et surtout des "partenaires de sortie" et des "confidentes privilégiées".

Tout compte fait, l’école représente pour les filles des cités un des rares domaines de l’espace public qu’elles peuvent librement investir sans faire l’objet, -tranchons le terme-, d’une certaine surveillance.

Cela se traduit par une différence de résultats scolaires entre les garçons et les filles, en faveur de ces dernières, de la sixième à la troisième. Ce phénomène est encore plus marqué dans les ZEP. Malheureusement, force est de constater que les résultats scolaires prometteurs des filles semblent s’affaiblir dès le lycée. L'adolescence implique de nouveaux centres d'intérêt et, dès lors, il est triste de voir "nos filles" ne plus se permettre d'être à la hauteur de leurs réelles ambitions : les chiffres montrent que la poursuite d'études supérieure est relativement faible. Manque de confiance en soi, contexte familial, manque de moyens, ou manque de visibilité concernant une orientation future ?

Il existe encore de trop nombreuses barrières à une juste élévation sociale égalitaire.

Le progrès est indispensable et il doit se réaliser d'abord en faveur des femmes pour qu’il s’établisse et se généralise ensuite par les femmes.

Prenons conscience qu'en chacune de ces filles, même masquée par certain voile de l'ignorance ou de la sottise, il y a une âme. Il y a aussi un esprit qui refuse d’étouffer, qui veut vivre et qui se débat.

Mon but n’est pas d’agiter, ici, les drapeaux usés des revendications féministes, j'ai voulu témoigner et évoquer une histoire dont la suite, prometteuse, reste à écrire. A nous de l'écrire.

Il devient urgent et nécessaire aujourd’hui d'encourager un mouvement général de soutien à celles qui portent l'avenir en même temps que l'espoir d'une possible réussite : qu'Eve puisse enfin avoir accès, librement, à "l'arbre de la connaissance et du savoir" sans plus jamais être expulsée et interdite des sphères élitaires.

Oui je veux m’inspirer de Claudel : non seulement « le pire n’est pas sûr » mais le bien n’attend qu’un peu de volonté générale et partagée pour se révéler.

 

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