03.02.2009

Parce que nous respectons réellement les étrangers

Intervention lors du conseil municipal de Strasbourg du 2 février 2009

robert grossmann.jpgMonsieur le Maire,

Le projet que vous soumettez aujourd’hui à notre conseil ne s’inscrit pas dans une vision de société moderne, ouverte et accueillante. Il semble plutôt constituer un nouveau sacrifice aux dogmes figés d’un socialisme conservateur, incapable de se renouveler et de vivre avec son temps.

La création d’un conseil des étrangers est un à la fois un archaïsme et une fiction sur une toile de fond qui est la volonté permanente de créer des effets d’annonces.

En effet, et cela me semble être une de vos principales motivations, vous souhaiteriez afficher médiatiquement une intention généreuse, en essayant dans le même mouvement, de démontrer que le PS et la gauche, vous par conséquent, ont le monopole et l’exclusivité de la générosité, du cœur, de l’intelligence. Et donc que tous ceux qui sont étrangers au PS se trouveraient rejetés dans le champ des ténèbres.

C’est bien cela qui se dégageait des déclarations à la presse de l’adjointe chargée de ce dossier, qui n’a pu s’empêcher de s’en prendre une fois de plus à l’ancienne municipalité.
Et je note que cette diabolisation, ce manichéisme, constitue l’axe principal de votre comportement politique.

Je souhaiterais expliquer ici en quoi vous commettez une erreur et en quoi ce projet porteur de désillusions pour tous les strasbourgeois et les étrangers eux mêmes, en particulier.

Analysons d’abord le mot étranger.

Il véhicule bien des charges, de la plus claire, à la plus sombre.

De manière simple l’étranger est celui qui n’a pas la même nationalité que la nôtre, qui n’est pas de chez nous, mais qui est de passage chez nous. Mais ce mot a pris, par un certain usage, des connotations négatives et, au pire, « l’étranger » sous entend une frontière dans les esprits, une distance, voire un rejet.

Le mot étranger nait au XIVème siècle et dérive du mot « étrange »…Par là même se trouve posé tout le problème de l’altérité : « l’autre » si difficilement admis par tous ceux, nombreux, qui ne comprennent que ce qui leur ressemble.

En voulant instaurer un conseil des étrangers, vous créez un cercle discriminant qui désigne les étrangers en les isolant et cela ne procède pas d’humaniste et pourrait même faire penser à la société de la Rome antique avec ses classes ségréguées.

Une société moderne ne devrait pas se développer sur une stigmatisation de l’étranger et l’emploi même de ce mot dans la formule « conseil des étrangers », de manière si visible et si médiatique emporte des effets négatifs.

Pire, créer un conseil des étrangers c’est plus qu’une stigmatisation qui risque de réveiller chez les plus frustes de nos concitoyens des xénophobies enfouies, c’est enfermer les étrangers politiquement, célébrer et officialiser leurs différents replis identitaires, c’est en quelque sorte les ghettoïser.

Pourquoi d’ailleurs cette volonté de les regrouper ? Pourquoi ne pas laisser à chaque individus sa singularité et son libre arbitre, pourquoi cette collectivisation si ciblée ?

peut avoir des éléments de réponses en analysant le montage de votre affaire.

De vos documents il ressort que vous commencez par exclure tout ce qui est européen. C’est un apartheid dans l’apartheid…Pas de conseil pour eux.

Vous ne voulez donc vous adresser qu’à des étrangers extra européens, magrébins, africains, turcs, asiatiques.

Que peuvent en penser tous les strasbourgeois, dans leur ensemble, et les européens en particulier ? Je vous le laisse deviner…

Je passe sur la complexité de votre agencement avec ses collèges et ses commissions. Vous aimez tellement ça créer des conseils, des collèges, et des commissions. Que ça dysfonctionne par la suite n’est pas votre affaire, nous le voyons avec nos commissions à nous…

L’idée générale qui semble sous tendre votre projet est de « favoriser l’accès aux droits effectifs pour les immigrés »

On pense immédiatement au droit de vote et vous l’exprimez d’ailleurs, puisque les immigrés bénéficient de droits et d’avantages sociaux reconnus.

Une question comme le droit de vote n’est pas du ressort d’une municipalité à plus forte raison d’un conseil des étrangers. Ceux qui pourraient s’imaginer obtenir le droit de vote avec votre conseil seraient donc induits en erreur.

Mais alors, avec ce programme que vous voudriez séduisant et attractif pour les étrangers, quel est votre objectif ?

Un commencement d’explication nous parvient grâce à l’un de vos conseillers municipaux impliqué dans le processus et qui dit, chose stupéfiante, « il s’agit de favoriser le regroupement autour d’affinités ou de convergences politiques »

On ne saurait être plus clair : il s’agit d’une machinerie politicienne, tendant à insérer des étrangers dans un conseil … socialiste pour les faire « converger » vers le socialisme. On peut aussi se demander à quel type d’affinités il est fait allusion, affinités électives, religieuses, philosophiques, ethniques ? Une réponse précise s’impose mais ne dissipera pas le malaise.
Par conséquent, en plus de son effet discriminant, votre affaire constitue une supercherie peu respectueuse des hommes et des femmes que vous cherchez ainsi à attraper dans un amer pot au miel socialiste.

Nous avons une autre conception des hommes et des femmes qui ne sont pas de nationalité française mais qui vivent chez nous. D’abord nous n’avons jamais tenté de les embrigader. Ensuite nous n’avons jamais voulu les regrouper par affinités, ni philosophiques, ni ethniques, ni religieuses.

Nous demandons qu’on les respecte, qu’on ne leur fasse pas miroiter des avantages qu’il n’est pas possible d’acquérir par le truchement de ce conseil.

Nous demandons qu’on les considère comme des strasbourgeois à part entière donc sans apartheid d’aucune nature, ni avec les européens ni avec tous les autres.

Au total j’ai la conviction que toutes les belles intentions que vos affichez de manière si légère sont fondées sur du vent médiatique et que ce sont de pervers effets inverses qui seront générés par ce conseil des étrangers.

Pour toutes ces raisons et en manifestant aux étrangers de Strasbourg tout le respect que je viens d’évoquer, notre groupe ne votera pas pour ce projet.

Robert GROSSMANN

23.01.2009

La République doit rester souveraine et elle doit le faire savoir.

drapeau français.jpgComme chacun en France, en Europe et partout dans le monde, je comprends l’horreur que vivent les populations de Gaza. La riposte aux attaques par rockets et missiles dont est victime Israël depuis huit ans, a été d’une extrême violence. Des images, qu’Israël voulait éviter en interdisant les journalistes, nous sont parvenues par voie privée, montrant les effets de l'insoutenable !

Ce qui s’est passé à Gaza, ce qui se passe aujourd’hui dans ce territoire est innommable. Tous les observateurs de l’ONU ou ceux des grands organismes internationaux sont convergents à ce sujet.

Aucune cause ne justifie de tels moyens de rétorsion guerrière. Qu’il y ait eu 600 ou 1200 morts, ce sont 600 ou 1200 de trop. Et les dernières informations sur d’éventuelles manipulations de chiffres ou sur l’âge des tués ne change rien à l’horreur.

La destruction de tant d’immeubles, d’écoles, d’hopitaux et de sites industriels est inqualifiable et c’est bien le peuple, les individus, des êtres humains, qui sont les victimes. Victimes trop souvent complètement innocentes de cette guerre qui… s’arrête pour la prestation de serment de M.Obama.

Obama le charismatique, le porteur de tous les espoirs, celui dont l’élection transportait de joie mes amis musulmans, n’avait pas dit un mot depuis son élection pour que cesse l’horreur, il a laissé faire. Je ne peux pas ne pas souligner et saluer l’engagement du président de la République française…

Oui, je ressens ces douleurs, elles sont au fond de moi, indélébiles, tout comme j’ai au fond de moi les images d’horreur des guerres en ex Yougoslavie, en Afrique en Afghanistan et partout dans le monde ou la monstruosité des hommes est à l’œuvre.

Gaza… Il s’agit d’être humains, de la condition humaine, et Gaza se situe au proche orient.

Force est de constater, qu’on le veuille ou non, que nous sommes en France et que cela se passe à l’étranger.

Oui, nous sommes ici en France, citoyens français. Nous sommes en République. La guerre du proche orient ne peut pas, ne doit pas, être importée et produire des effets physiques chez nous, entre français.
Nous avons parmi nous des juifs et des musulmans. Ils sont français. Ils sont en France. Je peux évoquer toutes les autres religions et les athées de France. Tous respectent notre République. Et sur notre territoire aucun acte de violence lié à une guerre à l’étranger n’est acceptable.

Il y eut cependant, ces derniers jours, des agissements délinquants un peu partout en France et en particulier à Strasbourg. Des cocktails Molotov contre des synagogues, des caillassages, des atteintes aux biens ou aux personnes.
Ils doivent être condamnés avec une sévérité exemplaire. Comme ont été condamnés tous ceux qui avaient concerné des mosquées, des cimetières et d’ailleurs tout édifice, religieux ou non.

Les appels à la haine de ceux qui chauffent à blanc des jeunes gens ne peuvent être tolérés par les républicains authentiques. Ils peuvent générer des effets immaitrisables.

Les autorités de la République doivent agir car, entre sang froid, volonté de ne pas bouger pour ne pas donner l’impression de…f aire semblant que tout ça n’est rien du tout pour ne pas valoriser… et INDIFFERENCE émolliente ou laxiste, la marge est aujourd’hui étroite.

Il faut que cesse tous les soirs le déchainement des hurlements si perturbants de quelques extrémistes qui donnent le sentiment d’occuper le cœur de Strasbourg.

Puisqu’il faut être précis pour tous ceux qui ne voudraient pas bien comprendre j’ajouterais, mais c’est une évidence, que toute manifestation digne, sans appels à la haine a droit de cité. Elle est même légitime ! Aucune confusion ne doit être opérée entre les gesticulations d’un politicien assoiffé de pouvoir, instrumentalisant les musulmans, et l’immense majorité de ceux ci.

robert grossmann.jpgLa République doit rester souveraine et elle doit le faire savoir.

Robert GROSSMANN

01.11.2008

Pour quelle cause sacrifier sa vie aujourd'hui ?

france libre.jpgPour quelle cause sacrifier sa vie aujourd'hui ? Débat de grande tenue, passionnant et passionné au club des démocrates pour le progrès

Toujours la recherche de sens...La Politique dans son acception la plus noble fut la grande invitée mais on aura aussi remarqué la révélation de vrais talents au club des démocrates. De bon augure pour l'avenir...

Ce soir du 29 octobre, le débat du Club des Démocrates pour le Progrès a tenu ses promesses et même au delà.

Les deux représentants de la France Libre, 85 et 86 ans, le docteur Jean Meyer et M. Bouboska, engagés à l’âge de 17 ans en 1942, ont témoigné. Leurs paroles furent poignantes mais la question qui se dégagea de leur témoignage laissait perplexe par sa véracité même : il ne se développe de sentiment patriotique que dans l’adversités. On ne songe à la Liberté que lorsqu’elle est menacée. Autrement dit il faut un adversaire, un ennemi, une guerre pour que certains songent à s’engager.

Mais, le monde a changé depuis que nos grands aînés ont combattus pour la liberté et nous l’ont léguée.

Et le débat s’engagea passionnément à ce moment là.

Le conseiller général, Yves Le Tallec avait amicalement accueilli les personnes présentes. Le président du Club, Stéphane Boof, a rappelé le sens du club des démocrates et la qualité des débats auxquels il tenait : quête de valeurs, recherche de sens, et après le franc succès de la rencontre sur le thème "peopelisation de la vie publique" c’était, ce soir là : « pour quelle cause un jeune de 20 ans sacrifierait-il sa vie aujourd’hui »

Ce thème avait été suggéré et voulu par Jamila Azeroual, responsable jeunesse et vie étudiante du club. Elle introduisit les débats en posant aux invités et à la salle les questions pertinentes que le thème imposait. « Que faisons nous aujourd’hui de la liberté que vous avez conquise pour nous il y a soixante ans » « que signifie la liberté au juste dans notre société de consommation et …de crise »

Le débat fut vif, animé, chaleureux. Jamila fit un plaidoyer qui fascina toute l’assemblée tant elle s’exprimait avec talent, intelligence et convictions : « Vous nous dites que l’on ne peut s’engager que contre quelque chose mais ne peut donc s’engager pour ? » lança-t-elle à la salle qui se mit à réfléchir…bonne question !
Et le drapeau ? Comment se fait-il qu’aux Etas-Unis il soit présent partout et honoré ? " nous rappela Axelle Benamran - en Albanie où j’étais cet été renchérit Jamila, le drapeau est respecté et aimé. Toutes les multiples tensions qui peuvent exister dans un pays comme l’Albanie se sont fédérées autour de ce concept d’Albanie, l’Albanie est une patrie pour les Albanais mais c’est vrai aussi au Maroc ou dans d’autres pays à travers le monde. Chez nous, en France on a l’impression que les gens ont honte de leur drapeau. »

" Que signifie dès lors la patrie" fut un chapitre qui mobilisa tous les participants. La France est-elle encore la patrie pour des jeunes et des moins jeunes aujourd’hui?

Eric Vial fit une intervention pertinente et érudite en partant de l’étymologie du mot patrie qui vient du latin pater, le père, et peut-être au stade de France des jeunes, en but au mal être de leurs banlieues, on-ils sifflés le PATER ? « Rien ne vaut que l’on sacrifie sa vie car la vie est précieuse et pour lutter en faveur des causes qui le méritent il faut rester en vie … La cause suprême c’est bien la VIE»
Avec une belle pédagogie Huguette Dreykaus évoqua les quatre sphères qui requièrent son engagement : notre région, la France, l’Europe naturellement, qui fit toujours partie de son univers et le monde, citoyenne du monde. La liberté expliqua-t-elle avec des exemples n’a pas droit de cité partout, soyons heureux et conscient d’en bénéficier ici.

Mais si la notion de patrie est atteinte en France si elle ne signifie plus ce qu’elle devrait s’il en est de même du drapeau alors pourrait-il y avoir un sentiment patriotique européen ? « On ne m’a jamais bien expliqué ce qu’est l’Europe » lança un participant alors que d’autres firent des plaidoyers en faveur de l’Europe.

L’Europe une patrie ? Et le drapeau européen, lui, serait-il mieux honoré que le tricolore ?

Débat…débat…pas d’unanimité mais débat passionnant

Jamila exprima avec une vraie et grande conviction pour quelles causes elle s’engage : l’humanisme certes mais plus précisément les valeurs exprimées par la République : Liberté-Egalité- Fraternité. Unanimité dans la salle. Unanimité aussi pour rejoindre Jamila : « le combat en faveur de ces valeurs là n’est jamais acquis une fois pour toutes. C’est tous les matins qu’il faut les soigner »

Eh oui, au club des démocrates un consensus se dégagea alors : notre patrie c’est la République et la République est universelle elle ne s’exprime pas sur un seul territoire géopolitique.

Des débats comme ça on en redemande tant il y eut de sens, tant ils furent riche, tant, aussi, il y eut de talents révélés. Jamila, incontestablement, Axelle, naturellement, Stéphane évidemment, Jean Emmanuel, et aussi Geoffroy, Jérôme et tant d’autres parmi la vingtaine d’intervenants que je ne peux tous citer ici ?

ON EN REDEMANDE !

25.10.2008

Pour quelle cause donner sa vie en 2008 ?

logo club.jpgCher ami(e),

Notre club poursuit ses travaux et ses réflexions.

Après le succès de notre débat sur la « peopolisation » de la vie politique, nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre conviviale sur le thème :

« Pour quelle cause donner sa vie en 2008 ?»

Quelles sont les valeurs auxquelles on peut adhérer aujourd’hui au point de sacrifier son existence ?

De manière très liée, nous pouvons aussi nous poser la question du sens de la Patrie. Cette notion est-elle désuète de nos jours ?

Que signifie pour un jeune d’aujourd’hui (ou un moins jeune) la France, l’Europe ?

Pour quelles raisons peut-on voir la fierté du drapeau dans de nombreux pays et pourquoi donne-t-on le sentiment d’en avoir honte en France ?

Ces questions un peu provocantes méritent un beau débat et pour le tenir nous avons la grande chance de pouvoir bénéficier de témoignages éminents puisque nous aurons, pour dialoguer avec eux, les responsables de l’Amicale des Anciens de la France Libre, le Docteur Jean Meyer, Président, et ses proches, ceux qui ont rejoint le combat de la Résistance entre 1940/1945 alors que beaucoup abdiquaient.

Nous avons donc le plaisir de vous convier au débat qui se déroulera le : mercredi 29 octobre à 18h30 au Foyer Saint-Louis de la Robertsau.

Ne ratez pas cette soirée et cette exceptionnelle possibilité de débattre avec des personnalités qui, lorsqu’elles avaient vingt ans, ont décidé de tout sacrifier pour la patrie.

En attendant de pouvoir vous saluer de vive voix, croyez en nos sentiments les plus cordiaux.

Jamila AZEROUAL
Responsable Jeunesse et vie étudiante

Robert GROSSMANN
Président d’Honneur

Stéphane BOOF
Président

02.10.2008

Pour une valorisation du quartier européen de Starsbourg

parlement europen.jpgC’est la rentrée. La traditionnelle Foire européenne est le moment de rappeler certains dossiers. L’invité d’honneur de cette année, Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, a confirmé avec force et raison la vocation européenne de Strasbourg et son rôle dans l’Union européenne. C’était également l’occasion de soulever, une fois de plus, la question de l’avenir du Wacken.

Pour moi, l’européen vivant depuis de longues années à la Robertsau, ceci évoque une vieille interrogation, celle de la valorisation de la place de l’Europe à Strasbourg.

Strasbourg « capitale européenne de la démocratie et des droits de l’homme » est devenue une expression couramment utilisée pour situer son rôle et ses atouts. Elle ne situe pas seulement clairement la place de Strasbourg dans l’Europe, elle est également l’expression de cette dimension humaine de l’Europe qui a une longue tradition dans notre ville et qui contredit dans les faits cette fausse image d’une Europe technocratique et trop éloignée de ses citoyens, leurs problèmes et leurs aspirations.

Nous, les strasbourgeois, savons que cette Europe est réelle et proche des attentes des citoyens grâce aux travaux et réalisations au quotidien des multiples institutions européennes installées dans nos murs. Cette Europe est bien visible par ses institutions qui sont regroupées, pour leur grande majorité, dans un quartier européen, architecturalement de plus en plus attractif.

Par un aménagement généreux du passage de l’allée de l’Europe à l’entrée de la Robertsau, l’installation d’un nouveau pont et l’arrivée du tram ce quartier européen est devenu de plus en plus accessible. La bonne fréquentation des arrêts « Parlement Européen » et « Droits de l’Homme » par les touristes était bien visible pendant les mois de juillet et août.

Mais qu’est-ce qui attend ces touristes ainsi que ceux qui ont suivi en voiture ou en car les indications « Institutions européennes » ? Ils aboutissent dans un quartier riche en bâtiments qui se distinguent par leur diversité architecturale et la multitude d’organismes qu’ils hébergent. Ils s’y perdent forcément un peu parce qu’ils ne disposent pas d’un itinéraire des institutions européennes.

Par la force des choses, ils se contentent d’un bref arrêt pour la photo obligatoire et reprennent aussitôt la route, sans doute frustrés. Parce qu’ils n’auront rien appris sur le Parlement Européen, la véritable conscience démocratique de l’Union européenne et son rôle de co-décideur à l’intérieur des instances de l’Union, rien sur le Conseil de l’Europe des 47 et ses différents organes qui est constamment à l’avant-garde des débats sur les libertés, les droits et les principes éthiques fondamentaux qui y sont liés, rien sur la Cour Européenne des Droits de l’Homme avec sa juridiction supra nationale en tant qu’instance de recours pour des dizaines de milliers de citoyens chaque année, rien sur la Pharmacopée européenne qui est au service de la santé publique et de la qualité des médicaments en Europe, rien sur le Centre Européen de la Jeunesse (fraîchement rénové au bord de l’Ill) et ses campagnes publiques contre l’intolérance et pour la diversité et, finalement, rien sur l’Institut International des Droits de l’Homme, la belle maison alsacienne dédiée à René Cassin, père fondateur des droits de l’homme aux plans universel et européen.

Une belle occasion manquée pour expliquer aux citoyens les missions européennes et montrer la réalité de l’unification.

Ces visiteurs qui sont « à la recherche de l’Europe » méritent mieux. Le quartier européen manque d’un lieu de présentation de l’ensemble des bâtiments et leur histoire et surtout d’information sur les activités des différentes institutions qu’ils hébergent et, pourquoi pas, d’une présentation audio-visuelle de l’histoire européenne de Strasbourg et ses institutions depuis 1949. Les visiteurs y trouveraient les références aux raisons et origines de l’aventure européenne ainsi que les informations sur les raisons d’être de ces bâtiments qui représentent une Europe en mouvement avec une action quotidienne proche des soucis, des interrogations et attentes des gens.

La création d’un tel lieu d’accueil avec un espace-information ainsi qu’un espace-restauration et un parking adéquat fera du quartier européen une étape touristique digne de ce nom et donnera la visibilité et la valorisation nécessaires aux atouts de la capitale européenne de la démocratie et des droits de l’homme.

Klaus Schumann

24.09.2008

Défense du Parlement Européen à Strasbourg

7751a098bcbf064d974230a3b75c60bb.jpgDans le cadre de la défense de Strasbourg, Capitale Européenne, le club avait proposé aux élus municipaux de présenter une motion devant le conseil municipal demandant que l’ensemble des travaux parlementaires des eurodéputés se déroulent intégralement à Strasbourg.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que cette motion a été adoptée lundi dernier à l’unanimité. Voici son contenu

« Eu égard aux fondements historiques de la construction européenne, au choix de Strasbourg comme symbole  de paix et de réconciliation entre les peuples, le Conseil Municipal de Strasbourg demande instamment que les traités internationaux faisant de notre ville le siège officiel du Parlement Européen, soient respectés.

La présence du Parlement Européen revêt une importance forte pour l’emploi et le tissu économique de notre région et de notre Ville.

Le conseil municipal de Strasbourg demande que l’ensemble des travaux du Parlement Européen se déroulent à Strasbourg.

Cette solution sera de nature à garantir une plus grande visibilité de l’activité du parlement. Elle permettra également de mettre un terme aux navettes mensuelles entre Bruxelles et Strasbourg et  aux frais qu’elles entrainent. Elle garantira enfin un fonctionnement de cette institution moins consommateur d’énergie et donc plus conforme au développement durable et aux efforts engagés par l’Union Européenne contre le réchauffement climatique.
 »

Pour connaitre toute l’actualité de la vie politique de Strasbourg, nous vous invitons à découvrir le blog du Groupe Municipal des Démocrates Pour le Progrès.

12.09.2008

Le Recyclage des téléphones portables

90c927a43d7fb336038e6b4b95020387.jpgDr Hugues GEIGER

Ecologiste Indépendant
Adjoint au maire de Strasbourg et Vice-président de la CUS de 2001 à 2008


C’est avec surprise que j’ai découvert dans les DNA du 3 aout (Article du 3 aout.pdf) qu’il est difficile de recycler les téléphones portables en France et donc sur le territoire de la CUS. D ’autre part, cet article ne citait qu’une possibilité de recyclage via un grand magasin spécialisé.

C’est bien dommage de ne aller plus loin dans la réflexion car depuis de nombreuses années les DEEE ( Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques), et donc les téléphones portables, sont tout simplement récupérés pour recyclage dans les déchèteries fixes ou mobiles de la CUS.

Nous sommes donc à Strasbourg, très loin de la notion de balbutiements, il suffit d’aller à la déchèterie fixe ou mobile la plus proche et de déposer le téléphone portable dans le bac prévu à cet effet.

Le recyclage des DEEE se fait ensuite avec d’autres partenariats, dont un partenariat à Strasbourg avec l’association d’insertion « ENVIE ».

PS :  L’incinération des matières plastiques citée dans l’article, produit certes de l’énergie mais les plastiques sont des produits pétroliers qui par incinération produisent des gaz à effet de serre et des dioxines si ce sont des plastiques PVC. Dans ces conditions, il faut évidemment privilégier le recyclage du plastique.

Extrait de « TRI MAG » de février 2008 : D3E, comment ça marche ?

Pour se débarrasser d’un produit usagé, le consommateur a trois options possibles :
• le donner à une association d’économie sociale et solidaire, qui pourra le réutiliser,
• le redonner au distributeur lors de l’achat d’un neuf,
• le déposer dans une des sept déchèteries fixes ou une déchèterie mobile de la CUS.


Dès la collecte, les D3E sont triés, en quatre familles de produits nécessitant chacune des traitements ou des processus de dépollution spécifiques :
• le gros électroménager froid (réfrigérateurs, congélateurs), nécessitant l’extraction puis le traitement des CFC** et des huiles,
• le gros électroménager hors froid (fours, lave-linge…),
• les petits appareils (sèche-cheveux, grille-pains, téléphones portables, jouets, outils de bricolage…),

• les écrans et moniteurs (contenant des poudres électroluminescentes).

Les appareils sont ensuite collectés, regroupés et transportés vers les centres de traitement où ils seront dépollués et valorisés sous forme de matière première secondaire ou d’énergie.

L’éco-participation correspond au coût de la collecte et du recyclage d’un ancien produit. Clairement affichée pour chaque produit, elle informe de ce que coûte le recyclage du produit acheté.

**CFC : composés chimiques commercialement appelés fréon. Ils sont responsables de la dégradation de l’ozone. 

www.strasbourg.fr/environnement/collecte_dechets/...

21.07.2008

L’alliance pour la Méditerranée : le véritable enjeu …

dc287c171392d43071dd5dd4e8e214a8.jpgQuarante-trois États d’Europe et de la Méditerranée s’étaient réunis le 13 juillet à Paris afin « nouer autour de la Méditerranée une grande alliance entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’union et de solidarité…
Ramener des populations « divisées », si « souvent déchirées » des deux- rives de la Méditerranée à réfléchir ensemble dans une même direction.

Un projet ambitieux avec un objectif de paix…

« Chacun porte en lui des souvenirs d’injustices, de douleurs, de rêves brisés qui ne s’effaceront pas. » « Mais sans rien oublier du passé, nous devons aux générations futures, et d’abord à nos enfants, de regarder ensemble vers l’avenir. ». Un avenir que le président Nicolas Sarkosy dessine « grand », « beau », un « avenir de paix », de « justice », et de « progrès ». Pour cela, il faut, a –t-il rappelé plusieurs fois, « que chacun fasse un effort sur lui-même comme les Européens l’ont fait pour mettre un terme à l’engrenage fatal de la guerre et de la violence. ». Une violence qui « de siècle en siècle, installait périodiquement la barbarie au cœur de la civilisation. ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’échanges, prises de conscience et réciprocité… et la France joue un rôle essentiel.
Malheureusement, l’histoire nous montre que chaque petit pas vers la paix, dans cette zone du monde, véritable enjeu de l’alliance, provoque des vertiges et des chutes dont il est de plus en plus dur de se relever.
Ce mercredi à la FRONTIERE ISRAELO-LIBANAISE (Reuters) - Le Hezbollah a annoncé la libération tant attendue de deux soldats de l’armée israelienne, kidnappés il y deux ans, et dont l’enlèvement avait déclenché une guerre de 33 jours entre Tsahal et le mouvement chiite.

Israël les attend vivants…

Dans le cadre de cet échange, l'Etat hébreu a accepté de libérer quatre combattants du Hezbollah capturés durant ce conflit ainsi que Samir Kantar, un activiste libanais purgeant depuis 30 ans une peine de prison à perpétuité pour avoir participé en 1979 en Galilée à un coup de main ayant coûté la vie à une fillette de quatre ans, à son père et à un policier.
L'échange de mercredi, négocié par un officier du Renseignement allemand, est considéré comme un nouveau succès pour le Hezbollah, qui a obtenu également la restitution des corps de 200 activistes palestiniens et libanais tués en tentant de s'infiltrer en Israël .
Pour sa part, Peres a déclaré que la libération de "tels meurtriers n'était pas un jour heureux" pour Israël, mais que l'Etat hebreu avait "le devoir moral et spirituel" de rapatrier les dépouilles de ses militaires, dont Tsahal a confirmé qu'elles étaient bien celles d'Ehud Goldwasser et d'Eldad Regev.

Ils sont revenus dans deux cercueils noirs…

Alors que le Hamas parle de « grande victoire » les pères des deux soldats israéliens ont fait part de leur douleur après avoir assisté à la télévision à la restitution des dépouilles de leurs enfants, dont la mort ne leur a jamais été confirmée.
Le Hamas a estimé que cet échange renforçait sa position dans ses efforts pour obtenir la libération de centaines d'activistes palestiniens détenus en Israël contre celle du militaire israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 à la frontière israélo-gazouie par des activistes de sa branche armée.
Il ne pourra pas y avoir d’alliance de la Méditerranée sans une paix installée, solide et durable en Israël. Alors ce projet d’alliance sera peut être une nouvelle opportunité de s’asseoir autour d’une table. Une nouvelle opportunité, enfin, d’arrêter les « surenchères » de violence… véritable fléau pour les israëliens et palestiniens pacifistes.
Il s’agit là, pour le bien de cette région du monde et dans le but d’une alliance solide, d’espérer le retour de l’otage Gilad Shalit dans d’autres conditions que celles les deux otages … car ce ne serait pas là un pas en arrière vers le processus de paix, mais un bon en avant vers un nouveau processus de guerre…
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Axelle Benamran
Vice-Présidente du Club

19.07.2008

Les filles de nos banlieues et le fruit défendu

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Jamila AZEROUAL

Responsable Jeunesse et vie Etudiante

au sein du club des Démocrates Pour le Progrès



Et si nous commencions par le commencement ? Un retour en arrière pour éclairer le présent : la Bible, la Genèse.

Il y a d’abord cette si célèbre pomme, du latin « pomum » qui signifie « fruit ». Et il y a Eve, symbole de l’éternel féminin et mère de l’humanité.

Incapable de résister à la tentation et aux ruses de Satan mué en serpent, Eve, a croqué le fruit de cet “ arbre de la connaissance du bien et du mal ”, étonnamment le seul arbre aux fruits défendu dans tout le jardin d’Eden. Chassés du paradis, et condamnés à la souffrance et à la mortalité, quel fût l’échange entre Adam et Eve ?

En méditant cette histoire de la condition féminine, nous pourrions être tentés de penser, - pourquoi pas ?- qu’Adam, « père de l’humanité », n’a justement pas…digéré la pomme.

Depuis des milliers d’années et à travers le monde le bilan reste varié et ne cesse de nous interpeler. Une conclusion s’impose en permanence: la flagrante inégalité, la discrimination, hélas claire et visible entre homme et femme. Certes, il serait possible d’établir de manière cynique une échelle des souffrances et des violences infligées aux femmes selon des critères sociogéographiques : depuis les viols collectifs en Inde jusqu’à la lutte pour l’égalité professionnelle en France en passant par les mariages forcés en Afrique.

Savez vous qu’il y a une chanson populaire indienne qui dit : « Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", c’est dire…Cela fait donc quelques siècles que ça ne va pas fort pour les femmes...

Et pourtant, en allant au delà des barrières du convenu, on peut se demander si le message d’avenir et d’espoir ne viendrait pas d’elles justement ?

Tirant une balle chargée de mépris sur certains préjugés sexistes, des filles, des femmes ont choisi, aujourd’hui, en France, de créer leurs destins, d’en être les seules maîtresses et de s’assumer.

Malgré un conservatisme sexiste qui ne désarme pas et qui s’érige en principe de réalité sous de fallacieux critères socio-historiques, la nécessaire et inéluctable émancipation de la femme est en marche.

En réfléchissant au rôle et à la place de la femme, il n’est pas possible de ne pas évoquer le « cas » des quartiers et des banlieues, « zones sensibles ». Sensibles à quoi donc au juste? Au chômage, aux violences, aux trafics, aux préjugés, aux difficultés de la vie ?

Face à ces mêmes problèmes, à la même rancœur et parfois dans de plus mauvaise conditions de vie, les jeunes filles adolescentes ne participent quasiment jamais aux violences urbaines : leur mode d’expression est différent de celui exercé par les garçons et se caractérise plus souvent par une bataille positive en faveur de la réussite sociale (études, emplois, insertion,..).

Ces « filles des cités » et de l’immigration se montrent autrement plus combatives et réussissent à s’intégrer au sein de la société de bien meilleure manière. Ce sont elles, souvent, qui prennent les choses en main, qui engagent le dialogue avec les institutions au nom de leurs familles (réunions parents-profs pour le petit frère, problèmes administratifs, démarches diverses, recherche d’un emploi…).

Mais, il n’est pas possible de ne pas remarquer une certaine restriction de la liberté de mouvement des filles si l'on exclut le système scolaire ou les "sorties utiles et nécessaires" (courses, services administratifs,...). Certes le progrès est en marche et les choses évoluent de génération en génération, mais, dans ces quartiers, la mixité est encore trop souvent mise à mal par une ségrégation évidente et visible: des bandes de garçons d’un coté et des groupe de filles de l’autre, séparément…

Cet accès assez restreint à l’espace public se traduit pour les filles par une importance prépondérante de l'environnement familial, un "cocon protecteur" régi par des codes et des convenances « de type culturel ». Sœurs et cousines sont de fait des chaperons, amies, mais elles sont aussi et surtout des "partenaires de sortie" et des "confidentes privilégiées".

Tout compte fait, l’école représente pour les filles des cités un des rares domaines de l’espace public qu’elles peuvent librement investir sans faire l’objet, -tranchons le terme-, d’une certaine surveillance.

Cela se traduit par une différence de résultats scolaires entre les garçons et les filles, en faveur de ces dernières, de la sixième à la troisième. Ce phénomène est encore plus marqué dans les ZEP. Malheureusement, force est de constater que les résultats scolaires prometteurs des filles semblent s’affaiblir dès le lycée. L'adolescence implique de nouveaux centres d'intérêt et, dès lors, il est triste de voir "nos filles" ne plus se permettre d'être à la hauteur de leurs réelles ambitions : les chiffres montrent que la poursuite d'études supérieure est relativement faible. Manque de confiance en soi, contexte familial, manque de moyens, ou manque de visibilité concernant une orientation future ?

Il existe encore de trop nombreuses barrières à une juste élévation sociale égalitaire.

Le progrès est indispensable et il doit se réaliser d'abord en faveur des femmes pour qu’il s’établisse et se généralise ensuite par les femmes.

Prenons conscience qu'en chacune de ces filles, même masquée par certain voile de l'ignorance ou de la sottise, il y a une âme. Il y a aussi un esprit qui refuse d’étouffer, qui veut vivre et qui se débat.

Mon but n’est pas d’agiter, ici, les drapeaux usés des revendications féministes, j'ai voulu témoigner et évoquer une histoire dont la suite, prometteuse, reste à écrire. A nous de l'écrire.

Il devient urgent et nécessaire aujourd’hui d'encourager un mouvement général de soutien à celles qui portent l'avenir en même temps que l'espoir d'une possible réussite : qu'Eve puisse enfin avoir accès, librement, à "l'arbre de la connaissance et du savoir" sans plus jamais être expulsée et interdite des sphères élitaires.

Oui je veux m’inspirer de Claudel : non seulement « le pire n’est pas sûr » mais le bien n’attend qu’un peu de volonté générale et partagée pour se révéler.