
01.08.2008
COUPEURS DE TETES…
Les régimes extrémistes ont toujours commencé par s’en prendre aux symboles.
Ne convoquons pas pour la circonstance les acteurs sinistres de l’histoire du XXième siècle et réservons- les pour des épisodes plus graves que celui ci pourrait bien annoncer.
De quoi s’agit-il ? Des têtes géantes d’alsaciennes sculptées, symboles de l’Alsace de toujours, ont été réalisées pour accompagner de manière très visible le centenaire du musée alsacien.
Classiques et certes un peu figées elles ont été « illustrées » par des artistes contemporains dont certains de grand renom. Elles ont été ensuite disséminées à travers la ville, d’abord sur le parvis de la cathédrale pour leur présentation au public : immense succès ! Puis en différents endroits comme la place de la gare où elles accueillaient les voyageurs. Elles n’avaient sans doute d’autre prétention que de provoquer de manière ludique une sorte de clin d’œil. C’était aussi un peu de surprenante gaité dans la ville.
Il y a et il y aura toujours des « pour » et des « contre » tout. On pouvait aimer ou non, la pire chose étant l’indifférence. Or elles ont fait parler d’elles ces têtes d’alsacienne et d’innombrables touristes et des strasbourgeois se sont fait photographier devant elles. Innombrables étaient les enfants qui tentaient de les escalader et un tel signe de fraicheur ne trompe pas.
Mais, en effet, les goûts et les couleurs…Il suffisait au fond de tourner la tête si la détestation était trop violente.
Mais pour Robert Herrmann et son entourage la détestation a du être telle qu’il fallait les faire disparaître. On ne les aura pas livrées au bûcher, non ! On les aura simplement enlevées, chassées, coupées du lieu où elles avaient sens.
Exit et cachées les têtes qu’ « ils ne sauraient voir » !
Elles n’ont pourtant fait de tort à personne, elles n’ont agressé personne…
On nous dit qu’elles illustreraient « Summer Lied » à Ohlungen. Tant mieux et l’exil sera peut-être adouci par l’affection qu’on leur portera là bas.
On peut toutefois regretter cet acte brutal qui pourrait n’avoir qu’un seul but : effacer tout lien symbolique avec la précédente municipalité.
On aurait pourtant pu en parler…car il y a une dimension supplémentaire à cet acte. Il s’agit, qu’on le veuille ou non, d’une atteinte au travail d’artistes qui ont fait œuvre de création.
Exiler en catimini – nuitamment ? – des œuvres sans concertation ni avec leurs auteurs ni avec personne, poser par là un acte unilatéral et, somme toute violent, augure mal de l’esprit de dialogue et de tolérance que veut incarner Roland Ries. Est-il encore temps de faire appel à lui en sa qualité de premier magistrat pour rendre un arbitrage participatif ?
Ce qui semble le plus choquant dans cet épisode c’est que M. Herrmann et les siens s’érigent en juge du gout. Voila qui est bien dangereux !

Anne SCHUMANN
15:05 Publié dans Communiqué de Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Têtes, Alsacienne, Groupe des Démocrates pour le Progrès, CDP, Anne Schumann
21.07.2008
L’alliance pour la Méditerranée : le véritable enjeu …
Quarante-trois États d’Europe et de la Méditerranée s’étaient réunis le 13 juillet à Paris afin « nouer autour de la Méditerranée une grande alliance entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’union et de solidarité…
Ramener des populations « divisées », si « souvent déchirées » des deux- rives de la Méditerranée à réfléchir ensemble dans une même direction.
Un projet ambitieux avec un objectif de paix…
« Chacun porte en lui des souvenirs d’injustices, de douleurs, de rêves brisés qui ne s’effaceront pas. » « Mais sans rien oublier du passé, nous devons aux générations futures, et d’abord à nos enfants, de regarder ensemble vers l’avenir. ». Un avenir que le président Nicolas Sarkosy dessine « grand », « beau », un « avenir de paix », de « justice », et de « progrès ». Pour cela, il faut, a –t-il rappelé plusieurs fois, « que chacun fasse un effort sur lui-même comme les Européens l’ont fait pour mettre un terme à l’engrenage fatal de la guerre et de la violence. ». Une violence qui « de siècle en siècle, installait périodiquement la barbarie au cœur de la civilisation. ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’échanges, prises de conscience et réciprocité… et la France joue un rôle essentiel.
Malheureusement, l’histoire nous montre que chaque petit pas vers la paix, dans cette zone du monde, véritable enjeu de l’alliance, provoque des vertiges et des chutes dont il est de plus en plus dur de se relever.
Ce mercredi à la FRONTIERE ISRAELO-LIBANAISE (Reuters) - Le Hezbollah a annoncé la libération tant attendue de deux soldats de l’armée israelienne, kidnappés il y deux ans, et dont l’enlèvement avait déclenché une guerre de 33 jours entre Tsahal et le mouvement chiite.
Israël les attend vivants…
Dans le cadre de cet échange, l'Etat hébreu a accepté de libérer quatre combattants du Hezbollah capturés durant ce conflit ainsi que Samir Kantar, un activiste libanais purgeant depuis 30 ans une peine de prison à perpétuité pour avoir participé en 1979 en Galilée à un coup de main ayant coûté la vie à une fillette de quatre ans, à son père et à un policier.
L'échange de mercredi, négocié par un officier du Renseignement allemand, est considéré comme un nouveau succès pour le Hezbollah, qui a obtenu également la restitution des corps de 200 activistes palestiniens et libanais tués en tentant de s'infiltrer en Israël .
Pour sa part, Peres a déclaré que la libération de "tels meurtriers n'était pas un jour heureux" pour Israël, mais que l'Etat hebreu avait "le devoir moral et spirituel" de rapatrier les dépouilles de ses militaires, dont Tsahal a confirmé qu'elles étaient bien celles d'Ehud Goldwasser et d'Eldad Regev.
Ils sont revenus dans deux cercueils noirs…
Alors que le Hamas parle de « grande victoire » les pères des deux soldats israéliens ont fait part de leur douleur après avoir assisté à la télévision à la restitution des dépouilles de leurs enfants, dont la mort ne leur a jamais été confirmée.
Le Hamas a estimé que cet échange renforçait sa position dans ses efforts pour obtenir la libération de centaines d'activistes palestiniens détenus en Israël contre celle du militaire israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 à la frontière israélo-gazouie par des activistes de sa branche armée.
Il ne pourra pas y avoir d’alliance de la Méditerranée sans une paix installée, solide et durable en Israël. Alors ce projet d’alliance sera peut être une nouvelle opportunité de s’asseoir autour d’une table. Une nouvelle opportunité, enfin, d’arrêter les « surenchères » de violence… véritable fléau pour les israëliens et palestiniens pacifistes.
Il s’agit là, pour le bien de cette région du monde et dans le but d’une alliance solide, d’espérer le retour de l’otage Gilad Shalit dans d’autres conditions que celles les deux otages … car ce ne serait pas là un pas en arrière vers le processus de paix, mais un bon en avant vers un nouveau processus de guerre…

Axelle Benamran
Vice-Présidente du Club
09:35 Publié dans Le débat est lancé ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israel, alliance pour la méditerranée, axelle benamran, club des démocrates pour le progrès, CDP
19.07.2008
Les filles de nos banlieues et le fruit défendu

Jamila AZEROUAL
Responsable Jeunesse et vie Etudiante
au sein du club des Démocrates Pour le Progrès
Et si nous commencions par le commencement ? Un retour en arrière pour éclairer le présent : la Bible, la Genèse.
Il y a d’abord cette si célèbre pomme, du latin « pomum » qui signifie « fruit ». Et il y a Eve, symbole de l’éternel féminin et mère de l’humanité.
Incapable de résister à la tentation et aux ruses de Satan mué en serpent, Eve, a croqué le fruit de cet “ arbre de la connaissance du bien et du mal ”, étonnamment le seul arbre aux fruits défendu dans tout le jardin d’Eden. Chassés du paradis, et condamnés à la souffrance et à la mortalité, quel fût l’échange entre Adam et Eve ?
En méditant cette histoire de la condition féminine, nous pourrions être tentés de penser, - pourquoi pas ?- qu’Adam, « père de l’humanité », n’a justement pas…digéré la pomme.
Depuis des milliers d’années et à travers le monde le bilan reste varié et ne cesse de nous interpeler. Une conclusion s’impose en permanence: la flagrante inégalité, la discrimination, hélas claire et visible entre homme et femme. Certes, il serait possible d’établir de manière cynique une échelle des souffrances et des violences infligées aux femmes selon des critères sociogéographiques : depuis les viols collectifs en Inde jusqu’à la lutte pour l’égalité professionnelle en France en passant par les mariages forcés en Afrique.
Savez vous qu’il y a une chanson populaire indienne qui dit : « Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", c’est dire…Cela fait donc quelques siècles que ça ne va pas fort pour les femmes...
Et pourtant, en allant au delà des barrières du convenu, on peut se demander si le message d’avenir et d’espoir ne viendrait pas d’elles justement ?
Tirant une balle chargée de mépris sur certains préjugés sexistes, des filles, des femmes ont choisi, aujourd’hui, en France, de créer leurs destins, d’en être les seules maîtresses et de s’assumer.
Malgré un conservatisme sexiste qui ne désarme pas et qui s’érige en principe de réalité sous de fallacieux critères socio-historiques, la nécessaire et inéluctable émancipation de la femme est en marche.
En réfléchissant au rôle et à la place de la femme, il n’est pas possible de ne pas évoquer le « cas » des quartiers et des banlieues, « zones sensibles ». Sensibles à quoi donc au juste? Au chômage, aux violences, aux trafics, aux préjugés, aux difficultés de la vie ?
Face à ces mêmes problèmes, à la même rancœur et parfois dans de plus mauvaise conditions de vie, les jeunes filles adolescentes ne participent quasiment jamais aux violences urbaines : leur mode d’expression est différent de celui exercé par les garçons et se caractérise plus souvent par une bataille positive en faveur de la réussite sociale (études, emplois, insertion,..).
Ces « filles des cités » et de l’immigration se montrent autrement plus combatives et réussissent à s’intégrer au sein de la société de bien meilleure manière. Ce sont elles, souvent, qui prennent les choses en main, qui engagent le dialogue avec les institutions au nom de leurs familles (réunions parents-profs pour le petit frère, problèmes administratifs, démarches diverses, recherche d’un emploi…).
Mais, il n’est pas possible de ne pas remarquer une certaine restriction de la liberté de mouvement des filles si l'on exclut le système scolaire ou les "sorties utiles et nécessaires" (courses, services administratifs,...). Certes le progrès est en marche et les choses évoluent de génération en génération, mais, dans ces quartiers, la mixité est encore trop souvent mise à mal par une ségrégation évidente et visible: des bandes de garçons d’un coté et des groupe de filles de l’autre, séparément…
Cet accès assez restreint à l’espace public se traduit pour les filles par une importance prépondérante de l'environnement familial, un "cocon protecteur" régi par des codes et des convenances « de type culturel ». Sœurs et cousines sont de fait des chaperons, amies, mais elles sont aussi et surtout des "partenaires de sortie" et des "confidentes privilégiées".
Tout compte fait, l’école représente pour les filles des cités un des rares domaines de l’espace public qu’elles peuvent librement investir sans faire l’objet, -tranchons le terme-, d’une certaine surveillance.
Cela se traduit par une différence de résultats scolaires entre les garçons et les filles, en faveur de ces dernières, de la sixième à la troisième. Ce phénomène est encore plus marqué dans les ZEP. Malheureusement, force est de constater que les résultats scolaires prometteurs des filles semblent s’affaiblir dès le lycée. L'adolescence implique de nouveaux centres d'intérêt et, dès lors, il est triste de voir "nos filles" ne plus se permettre d'être à la hauteur de leurs réelles ambitions : les chiffres montrent que la poursuite d'études supérieure est relativement faible. Manque de confiance en soi, contexte familial, manque de moyens, ou manque de visibilité concernant une orientation future ?
Il existe encore de trop nombreuses barrières à une juste élévation sociale égalitaire.
Le progrès est indispensable et il doit se réaliser d'abord en faveur des femmes pour qu’il s’établisse et se généralise ensuite par les femmes.
Prenons conscience qu'en chacune de ces filles, même masquée par certain voile de l'ignorance ou de la sottise, il y a une âme. Il y a aussi un esprit qui refuse d’étouffer, qui veut vivre et qui se débat.
Mon but n’est pas d’agiter, ici, les drapeaux usés des revendications féministes, j'ai voulu témoigner et évoquer une histoire dont la suite, prometteuse, reste à écrire. A nous de l'écrire.
Il devient urgent et nécessaire aujourd’hui d'encourager un mouvement général de soutien à celles qui portent l'avenir en même temps que l'espoir d'une possible réussite : qu'Eve puisse enfin avoir accès, librement, à "l'arbre de la connaissance et du savoir" sans plus jamais être expulsée et interdite des sphères élitaires.
Oui je veux m’inspirer de Claudel : non seulement « le pire n’est pas sûr » mais le bien n’attend qu’un peu de volonté générale et partagée pour se révéler.
18:20 Publié dans Le débat est lancé ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Femmes, banlieues, place, Strasbourg, Jamila Azeroual, Club des démocrates pour le progrès, CDP

