
23.01.2009
La République doit rester souveraine et elle doit le faire savoir.
Comme chacun en France, en Europe et partout dans le monde, je comprends l’horreur que vivent les populations de Gaza. La riposte aux attaques par rockets et missiles dont est victime Israël depuis huit ans, a été d’une extrême violence. Des images, qu’Israël voulait éviter en interdisant les journalistes, nous sont parvenues par voie privée, montrant les effets de l'insoutenable !
Ce qui s’est passé à Gaza, ce qui se passe aujourd’hui dans ce territoire est innommable. Tous les observateurs de l’ONU ou ceux des grands organismes internationaux sont convergents à ce sujet.
Aucune cause ne justifie de tels moyens de rétorsion guerrière. Qu’il y ait eu 600 ou 1200 morts, ce sont 600 ou 1200 de trop. Et les dernières informations sur d’éventuelles manipulations de chiffres ou sur l’âge des tués ne change rien à l’horreur.
La destruction de tant d’immeubles, d’écoles, d’hopitaux et de sites industriels est inqualifiable et c’est bien le peuple, les individus, des êtres humains, qui sont les victimes. Victimes trop souvent complètement innocentes de cette guerre qui… s’arrête pour la prestation de serment de M.Obama.
Obama le charismatique, le porteur de tous les espoirs, celui dont l’élection transportait de joie mes amis musulmans, n’avait pas dit un mot depuis son élection pour que cesse l’horreur, il a laissé faire. Je ne peux pas ne pas souligner et saluer l’engagement du président de la République française…
Oui, je ressens ces douleurs, elles sont au fond de moi, indélébiles, tout comme j’ai au fond de moi les images d’horreur des guerres en ex Yougoslavie, en Afrique en Afghanistan et partout dans le monde ou la monstruosité des hommes est à l’œuvre.
Gaza… Il s’agit d’être humains, de la condition humaine, et Gaza se situe au proche orient.
Force est de constater, qu’on le veuille ou non, que nous sommes en France et que cela se passe à l’étranger.
Oui, nous sommes ici en France, citoyens français. Nous sommes en République. La guerre du proche orient ne peut pas, ne doit pas, être importée et produire des effets physiques chez nous, entre français.
Nous avons parmi nous des juifs et des musulmans. Ils sont français. Ils sont en France. Je peux évoquer toutes les autres religions et les athées de France. Tous respectent notre République. Et sur notre territoire aucun acte de violence lié à une guerre à l’étranger n’est acceptable.
Il y eut cependant, ces derniers jours, des agissements délinquants un peu partout en France et en particulier à Strasbourg. Des cocktails Molotov contre des synagogues, des caillassages, des atteintes aux biens ou aux personnes.
Ils doivent être condamnés avec une sévérité exemplaire. Comme ont été condamnés tous ceux qui avaient concerné des mosquées, des cimetières et d’ailleurs tout édifice, religieux ou non.
Les appels à la haine de ceux qui chauffent à blanc des jeunes gens ne peuvent être tolérés par les républicains authentiques. Ils peuvent générer des effets immaitrisables.
Les autorités de la République doivent agir car, entre sang froid, volonté de ne pas bouger pour ne pas donner l’impression de…f aire semblant que tout ça n’est rien du tout pour ne pas valoriser… et INDIFFERENCE émolliente ou laxiste, la marge est aujourd’hui étroite.
Il faut que cesse tous les soirs le déchainement des hurlements si perturbants de quelques extrémistes qui donnent le sentiment d’occuper le cœur de Strasbourg.
Puisqu’il faut être précis pour tous ceux qui ne voudraient pas bien comprendre j’ajouterais, mais c’est une évidence, que toute manifestation digne, sans appels à la haine a droit de cité. Elle est même légitime ! Aucune confusion ne doit être opérée entre les gesticulations d’un politicien assoiffé de pouvoir, instrumentalisant les musulmans, et l’immense majorité de ceux ci.
La République doit rester souveraine et elle doit le faire savoir.
Robert GROSSMANN
12:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : robert grossmann, cdp, club des démocrates pour le progrès, république, france, gaza, manifestations
13.01.2009
Que les grands élus fassent entendre leur voix, le silence et l’indifférence sont aujourd’hui coupables !
Le drame du Moyen Orient ne peut laisser indifférent personne et l’exigence d’un cessez le feu, afin que toutes les armes se taisent, d’un coté comme de l’autre, devrait préoccuper chaque citoyen français.
De même devrait-il y avoir une véritable exigence, exprimée fortement, pour que le conflit entre Israël et le Hamas ne soit pas importé en France.
Nous sommes en République et chaque citoyen doit être respecté en tant que tel et non pas considéré ni traité comme appartenant à une communauté.
A Strasbourg depuis quelques jours des événements difficilement supportables se sont déroulés et d’autres sont annoncés.
Certaines manifestations extrémistes, les drapeaux marqués de croix gammées et brûlés, les cocktails molotov lancés contre des lieux de culte, les inscriptions et tags à caractère raciste, les appels à la haine, les violences liées à des manifestations avec destructions de vitrines de magasins, tout cela crée un climat de tension insupportable et inadmissible dans notre ville, capitale des droits de l’Homme.
En même temps, il est urgent de redire qu’aucun amalgame ne doit être fait entre des extrémistes ou des casseurs et l’ensemble de toute une catégorie de notre population.
Autant les manifestations dignes, exprimant des sentiments humains compréhensibles, sont normales et respectables, autant tout excès et toute violence doivent être sévèrement bannis et interdits.
Face à ce climat, face à ce qu’éprouvent tous nos concitoyens, je tiens à exprimer ma surprise, confinant à la stupéfaction, devant le silence de tous nos grands élus.
Certes il y a eu un appel de Strasbourg « autour » du maire de Strasbourg. Mais la voix des élus eux même manque cruellement. Le silence et l’indifférence sont aujourd’hui coupables. La population attend que des positions républicaines fortes soient exprimées.
C’est pourquoi j’en appelle au maire de Strasbourg, à tous les parlementaires, à tous les présidents de grandes collectivités, pour que, face aux violentes tensions qui s’expriment quasi quotidiennement, l’esprit républicain soit réaffirmé fortement et soit traduit dans les faits de notre vie quotidienne.
Robert Grossmann
Ancien président de la CUS
Président du groupe des démocrates du conseil municipal de Strasbourg
17:54 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : robert grossmann, cdp, club, démocrates, progrès, communautarisme, gaza
05.01.2009
Bonne année, Bonne santé !!!
Il est des formules consacrées qui fleurissent tous les ans sur les cartes et les calendriers. On vous souhaite tout ce que vous vous souhaitez avec ce mot de la fin « et surtout la santé ».
Ces vœux sont pieux, mais à les regarder de près, on se rend compte que ces vœux nient notre propre part dans notre propre destin. Ils sous-entendent que nous sommes devant un avenir inéluctable et que nos amis et connaissances, avec leurs bonnes pensées, cherchent à infléchir un sort malheureux qui nous attendrait. Nous allons donc dire les choses autrement « Vous avez une nouvelle année devant vous, comme une page blanche ; faites en ce qu’il y a de mieux pour vous ». Nous sommes tous responsables des grands axes de notre destinée. Il y a des moments, en effet, où nous avons le choix, le choix de dire « oui » ou « non » dans tous les domaines. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à cette personne qui nous demande de partager notre vie. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à la cigarette ou au « bienenstich ». Nous pouvons dire « oui » ou « non » dans les urnes. Ce sont des choix qui nous appartiennent et qui influent notre vie pour de longues années. Notre vœu, pour vous, sera de faire les bons choix, dans toutes les circonstances de votre vie, afin que cette année et les autres qui suivent, vous remplissent de satisfaction.
Vous avez devant vous les calendriers des pompiers, des parents d’élèves, de votre banque, des infirmières, que des pages blanches qui n’attendent que vos annotations, vos rendez-vous chez le pédicure, chez le kiné, chez le médecin, vos rendez-vous pour la belote, le Kaffekraenzel, la galette des rois et j’en passe. N’oubliez pas vos échéances électorales ou les réunions où se discute l’avenir de votre quartier, de votre ville ou de votre pays. N’omettez pas les jours et les heures où votre voix compte. « Ich hab mitgemacht, ich hab’s guet gemacht, drum worr’i au nit ussgelacht. » Le Club des Démocrates pour le Progrès vous souhaite de bien œuvrer pour votre bonheur et souhaite vous voir dans les soirées de son Club.
Bonne année à tous et surtout l’esprit citoyen !
11:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bonne année, 2009, clud des démocrates, progrès, cdp, strasbourg
24.11.2008
La triche au PS !!… intéressant …
Manuel Valls (fervent défenseur de Ségolène Royal) proclame sa reine victorieuse du congrès de Reims !
Il accuse … mais qui accuse t il d’ailleurs… le PS ? les bureaux de vote tenus par des militants du PS ? les autres candidats du PS ? de fraude et de triche… rien que ça !
Alors on tricherait au PS ? … Il ne faudrait pas que les donneurs de leçon de la « démocratie », sous sa forme « participative », oublient l’un des fondements même de ce qui fait une démocratie : le respect de l’opinion.
Benoît Hamon surenchérit ! et va dans le même sens que son confrère… mais lui, c’était entre les deux tours, avant qu’il ne donne ses consignes de vote au bénéfice de Martine Aubry. Cette dernière qui gagne avec 42 petites voix d’avance sur Ségolène Royal, ça n’étonne plus notre éléphanteau… La triche pour lui, c’était à l’entre deux tours…
On dirait un enjeu présidentiel ! c’est qu’ils y croient très fort nos candidats !
Alors quelle belle image ! le PS semble oublier les enjeux essentiels de l’actualité ! Attention, les courants différents à l’intérieur d’un parti doivent être force de débat au profit de l’intérêt collectif, non pas l’alibi d’une guerre de chefs au profit d’intérêts personnels… parce que là honnêtement, à droite, comme à gauche, on a d’autres priorités !
Une démocratie a besoin d’une opposition forte, investie, et constructive… pas d’une guerre fratricide, de tricheurs, de gourous, de dramaturgie… juste un peu de descence pour tous les militants du PS qui croient encore en vous et un peu de sérieux par respect pour tous les autres !
Axelle Benamran
15:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cdp, club, démocrates, progrès, axelle, benamran, ps
12.11.2008
Conversation avec Jean d’Ormesson : Partie II
Jean d’Ormesson nous parle de la citoyenneté, des écrivains et de leur engagement, des hommes politiques qui « écrivent ». Céline et Brasillach, sont évoqués. De Gaulle aussi…
« En réalité, affirme-t-il, la littérature est étrangère à la politique »
11:03 Publié dans Nos rencontres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, jean, d'ormesson, robert, grossmann, cdp, strasbourg
21.07.2008
L’alliance pour la Méditerranée : le véritable enjeu …
Quarante-trois États d’Europe et de la Méditerranée s’étaient réunis le 13 juillet à Paris afin « nouer autour de la Méditerranée une grande alliance entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’union et de solidarité…
Ramener des populations « divisées », si « souvent déchirées » des deux- rives de la Méditerranée à réfléchir ensemble dans une même direction.
Un projet ambitieux avec un objectif de paix…
« Chacun porte en lui des souvenirs d’injustices, de douleurs, de rêves brisés qui ne s’effaceront pas. » « Mais sans rien oublier du passé, nous devons aux générations futures, et d’abord à nos enfants, de regarder ensemble vers l’avenir. ». Un avenir que le président Nicolas Sarkosy dessine « grand », « beau », un « avenir de paix », de « justice », et de « progrès ». Pour cela, il faut, a –t-il rappelé plusieurs fois, « que chacun fasse un effort sur lui-même comme les Européens l’ont fait pour mettre un terme à l’engrenage fatal de la guerre et de la violence. ». Une violence qui « de siècle en siècle, installait périodiquement la barbarie au cœur de la civilisation. ».
Un projet ambitieux avec des objectifs d’échanges, prises de conscience et réciprocité… et la France joue un rôle essentiel.
Malheureusement, l’histoire nous montre que chaque petit pas vers la paix, dans cette zone du monde, véritable enjeu de l’alliance, provoque des vertiges et des chutes dont il est de plus en plus dur de se relever.
Ce mercredi à la FRONTIERE ISRAELO-LIBANAISE (Reuters) - Le Hezbollah a annoncé la libération tant attendue de deux soldats de l’armée israelienne, kidnappés il y deux ans, et dont l’enlèvement avait déclenché une guerre de 33 jours entre Tsahal et le mouvement chiite.
Israël les attend vivants…
Dans le cadre de cet échange, l'Etat hébreu a accepté de libérer quatre combattants du Hezbollah capturés durant ce conflit ainsi que Samir Kantar, un activiste libanais purgeant depuis 30 ans une peine de prison à perpétuité pour avoir participé en 1979 en Galilée à un coup de main ayant coûté la vie à une fillette de quatre ans, à son père et à un policier.
L'échange de mercredi, négocié par un officier du Renseignement allemand, est considéré comme un nouveau succès pour le Hezbollah, qui a obtenu également la restitution des corps de 200 activistes palestiniens et libanais tués en tentant de s'infiltrer en Israël .
Pour sa part, Peres a déclaré que la libération de "tels meurtriers n'était pas un jour heureux" pour Israël, mais que l'Etat hebreu avait "le devoir moral et spirituel" de rapatrier les dépouilles de ses militaires, dont Tsahal a confirmé qu'elles étaient bien celles d'Ehud Goldwasser et d'Eldad Regev.
Ils sont revenus dans deux cercueils noirs…
Alors que le Hamas parle de « grande victoire » les pères des deux soldats israéliens ont fait part de leur douleur après avoir assisté à la télévision à la restitution des dépouilles de leurs enfants, dont la mort ne leur a jamais été confirmée.
Le Hamas a estimé que cet échange renforçait sa position dans ses efforts pour obtenir la libération de centaines d'activistes palestiniens détenus en Israël contre celle du militaire israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 à la frontière israélo-gazouie par des activistes de sa branche armée.
Il ne pourra pas y avoir d’alliance de la Méditerranée sans une paix installée, solide et durable en Israël. Alors ce projet d’alliance sera peut être une nouvelle opportunité de s’asseoir autour d’une table. Une nouvelle opportunité, enfin, d’arrêter les « surenchères » de violence… véritable fléau pour les israëliens et palestiniens pacifistes.
Il s’agit là, pour le bien de cette région du monde et dans le but d’une alliance solide, d’espérer le retour de l’otage Gilad Shalit dans d’autres conditions que celles les deux otages … car ce ne serait pas là un pas en arrière vers le processus de paix, mais un bon en avant vers un nouveau processus de guerre…

Axelle Benamran
Vice-Présidente du Club
09:35 Publié dans Le débat est lancé ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Israel, alliance pour la méditerranée, axelle benamran, club des démocrates pour le progrès, CDP
19.07.2008
Les filles de nos banlieues et le fruit défendu

Jamila AZEROUAL
Responsable Jeunesse et vie Etudiante
au sein du club des Démocrates Pour le Progrès
Et si nous commencions par le commencement ? Un retour en arrière pour éclairer le présent : la Bible, la Genèse.
Il y a d’abord cette si célèbre pomme, du latin « pomum » qui signifie « fruit ». Et il y a Eve, symbole de l’éternel féminin et mère de l’humanité.
Incapable de résister à la tentation et aux ruses de Satan mué en serpent, Eve, a croqué le fruit de cet “ arbre de la connaissance du bien et du mal ”, étonnamment le seul arbre aux fruits défendu dans tout le jardin d’Eden. Chassés du paradis, et condamnés à la souffrance et à la mortalité, quel fût l’échange entre Adam et Eve ?
En méditant cette histoire de la condition féminine, nous pourrions être tentés de penser, - pourquoi pas ?- qu’Adam, « père de l’humanité », n’a justement pas…digéré la pomme.
Depuis des milliers d’années et à travers le monde le bilan reste varié et ne cesse de nous interpeler. Une conclusion s’impose en permanence: la flagrante inégalité, la discrimination, hélas claire et visible entre homme et femme. Certes, il serait possible d’établir de manière cynique une échelle des souffrances et des violences infligées aux femmes selon des critères sociogéographiques : depuis les viols collectifs en Inde jusqu’à la lutte pour l’égalité professionnelle en France en passant par les mariages forcés en Afrique.
Savez vous qu’il y a une chanson populaire indienne qui dit : « Pourquoi es-tu venue au monde, ma fille, quand un garçon je voulais ? Vas donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", c’est dire…Cela fait donc quelques siècles que ça ne va pas fort pour les femmes...
Et pourtant, en allant au delà des barrières du convenu, on peut se demander si le message d’avenir et d’espoir ne viendrait pas d’elles justement ?
Tirant une balle chargée de mépris sur certains préjugés sexistes, des filles, des femmes ont choisi, aujourd’hui, en France, de créer leurs destins, d’en être les seules maîtresses et de s’assumer.
Malgré un conservatisme sexiste qui ne désarme pas et qui s’érige en principe de réalité sous de fallacieux critères socio-historiques, la nécessaire et inéluctable émancipation de la femme est en marche.
En réfléchissant au rôle et à la place de la femme, il n’est pas possible de ne pas évoquer le « cas » des quartiers et des banlieues, « zones sensibles ». Sensibles à quoi donc au juste? Au chômage, aux violences, aux trafics, aux préjugés, aux difficultés de la vie ?
Face à ces mêmes problèmes, à la même rancœur et parfois dans de plus mauvaise conditions de vie, les jeunes filles adolescentes ne participent quasiment jamais aux violences urbaines : leur mode d’expression est différent de celui exercé par les garçons et se caractérise plus souvent par une bataille positive en faveur de la réussite sociale (études, emplois, insertion,..).
Ces « filles des cités » et de l’immigration se montrent autrement plus combatives et réussissent à s’intégrer au sein de la société de bien meilleure manière. Ce sont elles, souvent, qui prennent les choses en main, qui engagent le dialogue avec les institutions au nom de leurs familles (réunions parents-profs pour le petit frère, problèmes administratifs, démarches diverses, recherche d’un emploi…).
Mais, il n’est pas possible de ne pas remarquer une certaine restriction de la liberté de mouvement des filles si l'on exclut le système scolaire ou les "sorties utiles et nécessaires" (courses, services administratifs,...). Certes le progrès est en marche et les choses évoluent de génération en génération, mais, dans ces quartiers, la mixité est encore trop souvent mise à mal par une ségrégation évidente et visible: des bandes de garçons d’un coté et des groupe de filles de l’autre, séparément…
Cet accès assez restreint à l’espace public se traduit pour les filles par une importance prépondérante de l'environnement familial, un "cocon protecteur" régi par des codes et des convenances « de type culturel ». Sœurs et cousines sont de fait des chaperons, amies, mais elles sont aussi et surtout des "partenaires de sortie" et des "confidentes privilégiées".
Tout compte fait, l’école représente pour les filles des cités un des rares domaines de l’espace public qu’elles peuvent librement investir sans faire l’objet, -tranchons le terme-, d’une certaine surveillance.
Cela se traduit par une différence de résultats scolaires entre les garçons et les filles, en faveur de ces dernières, de la sixième à la troisième. Ce phénomène est encore plus marqué dans les ZEP. Malheureusement, force est de constater que les résultats scolaires prometteurs des filles semblent s’affaiblir dès le lycée. L'adolescence implique de nouveaux centres d'intérêt et, dès lors, il est triste de voir "nos filles" ne plus se permettre d'être à la hauteur de leurs réelles ambitions : les chiffres montrent que la poursuite d'études supérieure est relativement faible. Manque de confiance en soi, contexte familial, manque de moyens, ou manque de visibilité concernant une orientation future ?
Il existe encore de trop nombreuses barrières à une juste élévation sociale égalitaire.
Le progrès est indispensable et il doit se réaliser d'abord en faveur des femmes pour qu’il s’établisse et se généralise ensuite par les femmes.
Prenons conscience qu'en chacune de ces filles, même masquée par certain voile de l'ignorance ou de la sottise, il y a une âme. Il y a aussi un esprit qui refuse d’étouffer, qui veut vivre et qui se débat.
Mon but n’est pas d’agiter, ici, les drapeaux usés des revendications féministes, j'ai voulu témoigner et évoquer une histoire dont la suite, prometteuse, reste à écrire. A nous de l'écrire.
Il devient urgent et nécessaire aujourd’hui d'encourager un mouvement général de soutien à celles qui portent l'avenir en même temps que l'espoir d'une possible réussite : qu'Eve puisse enfin avoir accès, librement, à "l'arbre de la connaissance et du savoir" sans plus jamais être expulsée et interdite des sphères élitaires.
Oui je veux m’inspirer de Claudel : non seulement « le pire n’est pas sûr » mais le bien n’attend qu’un peu de volonté générale et partagée pour se révéler.
18:20 Publié dans Le débat est lancé ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Femmes, banlieues, place, Strasbourg, Jamila Azeroual, Club des démocrates pour le progrès, CDP


