08.07.2008

Le Maire de Strasbourg, répond favorablement à notre demande !

65d598a6b0e1d3674c959c8d6a9057a6.jpg Strasbourg, le 19 juin 20008

Monsieur le maire,

C'est en qualité de responsable "Jeunesse et Vie étudiante" du Club des Démocrates pour le Progrès que je me permets de vous solliciter par la présente.

C'est avec beaucoup de ferveur, que mes amis étudiants et moi-même étions présents à la cérémonie du 18 juin 2008.
Nous avons tous été saisi par une profonde émotion à l’évocation de l’Appel du général de Gaulle à Londres et à celle de l’épopée de la résistance.

Nous avons depuis de longues semaines formés le projet de rencontrer les survivants de cette glorieuse et tragique période pour que la mémoire reste vive et ne s’éteigne pas. Nous tenons d’ailleurs à saluer la fidélité de la ville et de ses municipalités successives dans l’hommage au 18 juin et la réception que la ville donne toutes les années à l’Hôtel de ville en est un beau témoignage.

Notre engagement, comme le vôtre à coup sûr, se veut surtout un engagement contre toutes les formes d’extrémisme, fascisme, dictature, inspiré par cette lutte contre le nazisme qu’incarnait de Gaulle. Sensible à l'histoire de l'Alsace, vous avez vous-même agit en faveur de la réconciliation de l'Alsace avec son histoire ( Oradour-sur-Glane, Tambov, langue régionale,...).

Même si nous sommes très jeunes, et chacun issu de toutes sensibilités politiques, religieuses, sociales, et si notre parcours à tous est différent, c'est ensemble que nous voulons avancer dans la réflexion et la force de proposition par le biais de notre Club. Le but de la vie n'est-il pas de conduire vers un but ? En l'occurrence, nous avons choisi le progrès, le progrès humain.

Aussi, Monsieur le Maire, notre volonté de travailler aux cotés de Robert Grossmann en est un gage. Personne ne peut prendre en défaut sa fidélité permanente au gaullisme et c’est aussi en son nom que je m’exprime aujourd’hui.

Il nous a fait savoir que les survivants des Français libres avaient évoqué l’idée (formulée par le regretté Gaston Pernot)  de faire apposer sur les murs de l’hôtel de ville un exemplaire de la plaque de l’appel du 18 juin. Le docteur Meyer, actuel président, ne semble pas défavorable à une telle idée.

Nous vous serions reconnaissants de donner votre accord à ce projet qui serait un acte de mémoire fort et qui indiquerait qu’en Alsace et à Strasbourg, où se déroulèrent tant de drames, il y eut aussi des résistants et des combattants qui se sont engagés au péril de leur vie contre la dictature de Hitler.

Pour nous il s’agit là d’un acte profond qui ne peut être assimilé à un « coup » de nature à servir quelques intérêts politiques.

Il semble qu'il y ait diverses propositions à ce sujet. La notre reste, vous en conviendrez, modeste, mais forte sur le plan symbolique : l’apposition de la plaque du texte de l’appel du 18 juin à Strasbourg comme c’est le cas sur les murs de tant d’hôtels de ville et mairies en France.

Nous vous remercions de réserver un accueil favorable à notre demande et restons à votre disposition.

Veuillez accepter monsieur le maire l’expression de nos salutations respectueuses

Jamila AZEROUAL


Hier, Roland Ries, Maire de Strasbourg, a répondu favorablement à notre demande. Voici sa réponse Réponse RR.tif

Madame,

J’ai bien reçu votre courrier daté du 19 jûin 2008 par lequel vous me proposez de faire apposer, dans notre Hôtel de Ville de Strasbourg, une plaque commémorant l’Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle.

Dans la perspective du devoir de mémoire qui, comme vous le savez, a toujours été le mien pour cette période très sombre de notre histoire nationale, je tenais à vous faire part de mon intérêt pour votre initiative.

Elle permettrait en effet de mettre en évidence le rôle qu’a joué le Général de Gaulle à une époque où la tentation était grande d’accepter la défaite militaire comme un fait accompli auquel il n’était pas possible de s’opposer.

Je pense donc que, par exemple, à l’occasion de la commémoration de l’année prochaine ou mieux, à l’occasion de la commémoration des 70 ans de l’Appel du 18 juin en 2010, votre idée pourrait se concrétiser selon des modalités à préciser d’ici là.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

Roland RIES

18.06.2008

L'appel du Général, 68 ans après !

7a656967deed18100c1b185ab161275f.jpgTous ceux qui, comme moi, ont 20 ans aujourd’hui ne savent peut-être pas ce que signifie le 18 juin. Pourtant son sens doit être révélé à tous, il doit être contagieux surtout auprès des jeunes! L’appel d’un homme seul, contre l’inéluctable, contre la fatalité, contre l’abaissement et le renoncement, seul pour la liberté, cet appel, défi victorieux, ne peut laisser indifférent. C’était il y a plus de soixante ans et ce n’est pas pour autant qu’il doit être remisé au rang de simple souvenir.

Aujourd’hui ce que nous recherchons, nous les jeunes, c’est la quête de sens et l’adhésion à des valeurs intemporelles. Ah ! Certes le chômage et les obstacles de la vie quotidienne sont préoccupants et mobilisent les énergies, mais les valeurs de la République, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité ne doivent pas être enfouies sous le quotidien. Elles exigent d’être respectées, vénérées, revivifiées.

Par de là les soixante années et les générations qui nous séparent de la sombre période de l’Histoire qui a failli conduire le plus odieux dictateur de tous les temps à s’emparer de l’Europe en réduisant l’homme à ses néfastes idéologies, en annihilant ceux qui ne lui convenaient pas, nous voulons que s’opère une prise de conscience.
C’est pourquoi le combat des français libre doit être célébré !

Mais il convient aussi d’affirmer qu’il n’appartient plus à ses seuls auteurs. Nous le revendiquons avec nos 20 ans ! Ce combat transgresse les générations et doit aussi recueillir l’attention et la compréhension agissantes des plus jeunes.

Que nous soyons nés ici ou ailleurs, que nous soyons blancs, blacks ou beurs, nous choisissons la France parce qu’elle est la patrie des droits de l’Homme et de la liberté.

Cette proclamation de la foi en l’homme n’est d’ailleurs pas compatible avec les communautarismes de tous acabits. L’Homme n’est à enfermer dans aucune case, dans aucune cellule, et le refus de tout repli ethnique, religieux, régionaliste est prioritaire.

Nous savons aussi que la lutte pour la « liberté égalité fraternité » n’est pas gagnée d’avance, que chaque matin il faut la recommencer.

Mais aucun d’entre nous n’a le droit d’oublier la dette envers ceux qui ont choisi de sacrifier leur vie il y a plus de 60 ans pour qu’ils puissent aujourd’hui vivre et agir libres.

C’est bien dans un même élan que des français d’Alsace ou de Corrèze avaient alors combattu avec ceux venus du Maghreb ou de l’Afrique profonde.

Je me demande souvent pour quelle cause un jeune pourrait aujourd’hui sacrifier sa vie et dès lors je ne souhaite pas que l’on oublie ceux que leur conscience a contraint à le faire en 1940/1945.

Je me sens le droit et le devoir de lancer un appel pour que le souvenir ne soit pas relégué au rang muséographique mais qu’il vive, ardent.

 

0e755a1143195896b692d22fbf7f868c.jpgJamila AZEROUAL

Responsable Jeunesse et vie Etudiante

au sein du club des Démocrates Pour le Progrès