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09.07.2008

Lettre ouverte à Monsieur Roland Ries, maire de Strasbourg

Questions et propositions
Par
Robert Grossmann
Au nom du groupe des démocrates pour le progrès


48c108b026c45b37bd86e760c0f22cd6.jpgMonsieur le maire,

La bonne qualité républicaine de nos relations m’autorise à vous faire part de mes interrogations en sollicitant votre intervention positive dans le sens de ce que je pense être l’intérêt général de Strasbourg et des Strasbourgeois.
A l’issue des 100 jours de gouvernance municipale, il est normal que vous n’ayez pas encore eu le temps de poser d’acte concret ni de réalisation visible. En effet, les annonces sont les seuls éléments que l’on puisse attendre aujourd’hui de votre équipe.
Des annonces il y en a eu un certain nombre de votre part comme de la part de vos adjoints. Plusieurs m’interpellent.
Permettez-moi, au moment d’évoquer mes questionnements, de vous rappeler une évidence. Vous êtes le maire de tous les Strasbourgeois, ceux qui vous ont élu mais aussi tous les autres. Or, vous vous souvenez que plus de 73% d’entre eux étaient satisfaits des réalisations de notre équipe Keller-Grossmann. Il me semble donc que l’intérêt des Strasbourgeois suppose que l’on ne s’ingénie pas à prendre systématiquement le contrepied de l’action de vos prédécesseurs et à mettre en œuvre le changement pour le changement.

Voici donc les réflexions que je souhaite vous soumettre :


1 ) Le marché de Noël de retour place Kléber ne me semble pas correspondre à l’intérêt de la majorité des Strasbourgeois ni à la conception nouvelle de la place. La nouvelle configuration de la place, conviviale et largement plébiscitée au quotidien par les Strasbourgeois, ne se prête pas à la présence d’un marché. Les camions seraient à nouveau sur les dalles fraîchement posées et intactes aujourd’hui. Le poids de ces véhicules aussi bien que les fuites d’huile de certains moteurs risqueraient de fendre et d’abimer les dalles et de les salir durablement. Les groupes électrogènes et les fils électriques constitueraient des dangers potentiels ou alors nécessiteraient des travaux qui ne me semblent pas compatibles avec la qualité de cette nouvelle place. Les pieux pour maintenir certains stands avaient provoqués de graves dégâts dans l’étanchéité de la place. Ils seraient à nouveau plantés au risque de l’abimer. Je vous demande, Monsieur le Maire, de prendre le temps de la réflexion avant de prendre une telle décision, en analysant tous les aspects de cette question et en n’écartant pas d’office mes arguments.

2) Le marché couvert. Il est dans l’ordre des choses d’annoncer un marché couvert à Strasbourg. Notre équipe l’a elle aussi prévu à son programme. La question qui demeure, une fois l’annonce faite, est « en quel lieu de la ville » ? Je serais heureux que vos adjoints nous apportent ces précisions. Où sera réalisé leur marché couvert ? Nous avions nous-même songé à plusieurs sites à propos desquels nous nous proposions de consulter l’ensemble des commerçants non sédentaires ainsi que la population des quartiers concernés. La place de l’Etoile, le côté est de la presqu’île Malraux, dernier hangar Seegmuller, voilà deux sites parmi d’autres auxquels nous réfléchissions avant consultation de la population. Nous-même attendions d’ailleurs beaucoup des propositions des commerçants non sédentaires. L’équipe municipale actuelle doit apporter les nécessaires précisions quant à l’emplacement de ce marché couvert. Mais force est de reconnaître que les terrains adéquats sont très rares.

3) La foire Saint Jean qui a été installée au Jardin des Deux Rives doit-elle être déplacée alors même que les amateurs de ce genre de loisir commencent à prendre le chemin de ce site transfrontalier des rives du Rhin et s’y habituent  ? Je sais qu’il y a aussi là-bas des forains satisfaits. Si vous deviez néanmoins opérer ce déplacement qui n’est réellement pas une urgence, il faut dire où et dans quelles conditions cela se ferait.

4)  La foire européenne, les salons et le parc des expositions. Une annonce a été faite suggérant que les deux foires de Strasbourg (foire européenne et les salons) et celle d’Offenburg pourraient être jumelées, voire confondues. Nous connaissons cette question évoquée souvent par notre amie Edith Schreiner , maire d’Offenburg. Cette piste doit être précisée. Cela signifie-t-il que Strasbourg renoncerait à un parc des expositions moderne et adapté au XXIème siècle, au bénéfice d’un parc situé en Allemagne ? Il faut rapidement informer les Strasbourgeois de manière précise, au-delà des seuls effets d’annonce. Je maintiens d’ailleurs que le site d’Eckbolsheim prévu après de longues et complètes études pour l’implantation du parc des expositions est le meilleur possible. Sa complémentarité avec le Zénith est un atout de poids, le parking y est déjà réalisé pour les visiteurs des foires et salons, enfin la réalisation de deux stations de tram puis la VLIO en assureront une très bonne desserte. Ainsi, l’agglomération strasbourgeoise et sa CU bénéficieront d’une belle entrée ouest en  se dotant, comme toutes les grandes métropoles, d’un parc des expositions compétitif, attractif et moteur de notre économie. La foire européenne pourra de ce fait être redynamisée, évoluer dans son concept et devenir plus attractive encore.

5) L’aéroport. Là encore une annonce trop vague a été formulée concernant les aéroports d’un coté et de l’autre du Rhin. Entzheim souffre. Lahr a une piste de 3 kilomètres permettant aux gros porteur d’y atterrir. Il y a aussi Baden Air Port où des milliers de voyageurs dont beaucoup de Strasbourgeois et d’Alsaciens, prennent les avions des compagnies « bas-coût ». Les réflexions de l’exécutif actuel tendraient-elles à privilégier un aéroport allemand au détriment d’Entzheim ? Cette question mérite là encore d’être rapidement résolue. La volonté de consolider notre Eurodistrict ne peut se faire au détriment de l’une ou l’autre de ses composantes : CUS/Ortenau ! L’abandon progressif d’Entzheim serait une véritable catastrophe économique et sociale. En l’état actuel des annonces, un tel abandon n’est pas exclu. Il faut rassurer et se battre en faveur d’Entzheim!

6) L’Eurostadium de football. Comme vous, Monsieur le Maire, nous sommes tous favorables à la tenue à Strasbourg de matchs du futur championnat d’Europe des nations. Vous vous êtes donc déclaré favorable à un nouveau stade tel que présenté par M. Ginestet, président du Racing Club de Strasbourg. Pourtant une majorité absolue de décideurs du monde économique et politique semble refuser le mode de financement proposé par le truchement de 90.000 m2 de surface commerciale sur le site du stade. Installer dans ce stade ou à proximité immédiate un hyper-marché est inimaginable et hors de question. Quel mode de financement la municipalité compte-t-elle accepter ou mettre en œuvre ? Il me semble qu’il ne faut pas laisser les innombrables amateurs de football rêver à un magnifique stade moderne pour courir éventuellement vers une lourde désillusion, faute de financement crédible.

7) La manifestation littéraire mise en œuvre dans la ville de Gutenberg et qui fut le fruit de longues et fertiles expérimentations : «la bibliothèque idéale » doit-elle être sacrifiée au bénéfice d’une banale et quelconque « foire aux livres » à l’instar de ce que font tant de ville et qui existe à Colmar, Saint-Louis ou Marlenheim ? Strasbourg ne méritait-elle pas ces centaines d’écrivains de renom venant dialoguer avec les amoureux des lettres ? Après feu le Carrefour des littératures européennes, la bibliothèque idéale était une grande et belle manifestation littéraire populaire et en même temps de haut niveau, digne de la capitale de l’Europe

8) Terrain Starlette. Vous voulez abandonner le projet que nous avions préparé. Certes vous n’avez aucune obligation de réaliser tous les projets que nous avons prévus et qui étaient imminents mais en l’espèce, nous avons mis en état et préparé ce terrain si stratégiquement situé à proximité de l’Allemagne. Un important financeur avait mobilisé ses fonds pour y implanter un hôtel et des commerces complémentaires à cet hôtel. Est-il réellement judicieux de tout arrêter ?

9) Le futur quartier de la Porte de France, jouxtant le Jardin des Deux Rives, un projet immobilier a fait l’objet d’un concours. Des immeubles d’habitation doivent y façonner un nouveau quartier. Je rappelle qu’en face la ville de Kehl implante des immeubles tours qui seront très visibles et constitueront une sorte de signal. Le projet strasbourgeois en est une belle complémentarité et sera la plus éloquente démonstration de la volonté de la ville de Strasbourg de s’étendre enfin vers le Rhin et de rayonner à 360 degrés en synergie avec Kehl, au cœur de l’Eurodistrict. Je suis donc convaincu que ce projet doit être réalisé.

10) 1500 logements aidés ont été annoncés. Nous-même en prévoyions 1300. Le temps est venu de localiser ces logements, d’évoquer leur financement et de prévoir le calendrier de leur mise en œuvre. Mais surtout une concertation approfondie avec les riverains et les associations concernés doit être mise en œuvre.

Voilà Monsieur le Maire. Vous aurez compris que je ne condamne pas vos annonces et leurs effets. Je vous serais simplement reconnaissant de procéder à des analyses minutieuses sur certaines d’entre elles et d’apporter des réponses précises à mes questions afin de permettre aux Strasbourgeois de voir clair pour l’avenir de leur agglomération.

Enfin j’ai noté que vous avez accordé des moyens corrects à votre opposition. Vous avez tenu parole, soyez en remercié. Le respect que vous témoignez ainsi à votre opposition pourrait aussi, sans nul doute, vous inciter à ne pas rejeter de manière systématique ses positions ou propositions.
C’est ainsi que je n’ai pas entendu de votre part évoquer la mise en sécurité et la rénovation du Palais des fêtes, de l’Opéra et la mise en valeur du barrage Vauban. La rénovation et la restructuration des bains municipaux du boulevard de la Victoire, sans oublier la future nouvelle piscine en coopération avec Kehl, devraient aussi faire l’objet d’un consensus et d’un programmation rapide.
Le programme de sécurisation des écoles, centre sociaux ou culturels et salles de sport devrait également être poursuivi dans la ligne de ce que nous avions engagé. Et je ne veux pas croire que c’est parce que ces projets faisaient partie de notre programme que vous puissiez les considérer comme mauvais et les rejeter. Je sais que ce n’est pas votre style.
En conclusion, Monsieur le Maire, je propose que vous acceptiez de travailler de manière constructive avec ceux de votre opposition qui, loin de tout esprit sectaire ou partisan, ne songent qu’à l’intérêt supérieur de notre ville.
Ils exerceront naturellement leur devoir de vigilance, ils approuveront les actes de votre majorité qu’ils jugeront conformes à leur vision du bien être dans notre ville. Ils condamneront ceux que leur conscience leur indiquera comme erronés ou néfastes.

En vous remerciant de l’intérêt que vous voudrez bien accorder à cette lettre et aux réponses que vous pouvez m’apporter, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’expression de mes salutations cordiales, vigilantes et républicaines.

Robert Grossmann

Commentaires

Bonjour,

Je me permets d'intervenir en qualité "d'expert" à l'une de vos remarques.
Éditeur Alsacien, un des rares Indépendants au premier rang de la profession en matière de quantité de titre produit par an et fort de 20 ans d'expérience j'estime pouvoir répondre a l'argument concernant "la manifestation littéraire".

que des auteurs de renom viennent dialoguer avec des lecteurs c'est une bonne chose nous sommes d'accord mais, Monsieur Grossmann je vous le demande Strasbourg est elle obligée d'être si élitiste ? si parisienne ?
Un auteur de renom médiocre mais médiatisé vaut il mieux qu'un auteur du cru et de qualité ?
la "bibliothèque idéal" n'est elle en définitive pas qu'une opération commerciale de plus de la librairie Kléber (Gallimard) et de notre ami commun François Wolfermann ?
Qu'en est il de l'éditeur Régional et de l'écrivain local sans doute plus proche de ses lecteurs que la pointure parisienne ?
Pourquoi se contenter de laisser à un petit village comme Marlenheim (excellent salon) le rayon "régional", à Colmar un salon d'envergure national et Saint-Louis le salon du People ou Doc Gyneco côtoie Bruno Masure qui, lui, fait face à Jean Pierre Coffe en charge de commenter les légumes de l'habitant venu exprès, non pas pour acheter un livre mais pour analyser le personnage publique qui "est quand même moins vieux à la télé !" ?

Strasbourg a besoin d'autre chose, de quelque chose de différent mais Strasbourg n'a pas besoin d'un cercle de conférence littéraire ou personne ne va si ce n'est l'élite bobo de la ville !

Ma proposition ? Travailler avec les éditeurs régionaux, avec TOUS (!) les libraires locaux et avec les auteurs régionaux mais aussi (pourquoi pas ?) européens. Mais surtout stopper cette prétention Parisianiste grotesque.

Ecrit par : jerome | 09.07.2008

Voilà ce que j’attends de mon camp. Finalement, la droite se montre beaucoup moins sectaire que ses adversaires. Je crois que c’est sur ces bases qu’une reconquête pourra se faire mais cette fois durable !!!

Ecrit par : AJ | 09.07.2008

Je suis content que Monsieur Grossmann commence enfin à réaliser qu'il n'a pas fait son travail correctement lorsqu'il était encore au pouvoir. Je parle en effet de l'avenir de l'aéroport de Strasbourg/Entzheim. En 2005, la CFDT, dont je suis un porte parole, l'a averti de manière claire et chiffrée de ce qui allait se passer lorsque le TGV Est arriverai en gare de Strasbourg, en juin 2007.
En 2008, pendant la campagne electorale, la CFDT a, à nouveau, averti des risques de licenciements sur l'aéroport.

Et qu'est ce qu'il a fait Monsieur Grossmann durant ce temps ?
Pourquoi, aujourd'hui, alors qu'il est dans l'opposition, demande t'il des choses que lui même aurai pu (du) faire ? Je n'aime pas cette récupération politicienne à 100 jours de sa défaite. Si Monsieur Grossmann avait des idées pour sauver l'aéroport, pourquoi avoir attendu d'être dans l'opposition, pour les formuler, attendu qu'il aurai pu les mettre en oeuvre bien avant ?

Ecrit par : Daniel Firholtz | 10.07.2008

Monsieur Firholtz,

En Mars 2003, le conseil de CUS, sous la présidence de Robert Grossmann, a voté une subvention de 420 000 euros pour d’accueillir Ryanair à l’aéroport d’Entzheim. Ce vote avait alors été opéré sous les huées des associations de riverains de l’aéroport. Robert Herrmann, aujourd’hui premier adjoint, et Marie Dominique Dreyssé, elle aussi adjointe de Roland Ries, s’étaient vivement opposés à cette subvention adoptée par le conseil de CUS mais contre laquelle le groupe PS et Verts avaient voté.
Suite à ce vote, l'Union fédérale contre les nuisances de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, a interjeté un recours contre cette subvention. Le tribunal administratif a alors tranché en faveur de l’association provoquant le départ de Raynair d’Entzheim. La société Irlandaise fait depuis les beaux jours de l’aéroport de Baden !

Par ailleurs, Robert Grossmann et Fabienne Keller ont rencontré de nombreuses fois et dès 2002, le PDG d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, pour lui demander, en autre, de ne pas fermer la ligne Strasbourg Londres ou pour constituer un groupe de travail avec des experts, afin de développer à l'aéroport de Strasbourg des activités dignes d'une capitale européenne.

Pour ce dossier la problématique se résume donc à : comment développer l’aéroport lorsque les riverains s’y opposent ? C’est dans ce contexte que la précédente équipe municipale a travaillé. Il est aussi judicieux de rappeler que lorsqu’elle était dans l’opposition, la nouvelle majorité municipale s’est continuellement opposée à toutes les mesures favorables au développement d’Entzheim.

S’agissant de notre Groupe Municipal, nous soutiendrons de toutes nos forces les projets qui permettront le développement de l’aéroport. Nous ne ferons pas de la politique politicienne en nous opposant systématiquement aux propositions formulées par la nouvelle majorité.

Bien évidemment, si vous avez des propositions à formuler nous sommes à votre disposition et à votre écoute.

Respectueusement
Jean Emmanuel ROBERT

Ecrit par : Jean Emmanuel ROBERT | 11.07.2008

TROU D'AIR SUR ENTZHEIM .
Les déboires de la zone aéroportuaire sont évidemment
une catastrophe économique et sociale . Mais comment peut il en être autrement .Gestionnaires privés et publics de l'aéroport ont été passéistes ,attendant de l'état "PARISIEN " la providence et des solutions toutes faites. Suite au démantèlement des infrastructures de l'armée de l'air ,les occasions n'ont pas manqué pour donner une réelle dimension à l'aéroport qui n'a d'international que le nom . Les opposants politiques et privés , bien aidés par des lobbyistes de tous bords ,ont usés de tous les recours pour tuer dans l'oeuf tous les projets qui aurait permis l'essort économique .( DHL , RYANAIR , etc ... )
L'arrivée du TGV EST n'est en rien responsable de la baisse de fréquentation auquelle doivent faire face les PME/PMI implantés sur la zone aéroportuaire . Le troçon ferroviaire TGV RHIN /RHONE est sur les rails ,et c'est tant mieux pour le développement économique pour notre ALSACE . Force est de constater que nos amis d'outre RHIN ont profités de l'aubaine pour développer une offre commerciale alléchante et par conséquence , de privilègiés la création d'emploi dans la région de BADEN qui ne souffre d'aucune nuisance .
Des solutions éxistent , des projets sont sur la table , repreneurs et partenaires privés travaillent dans ce sens , mais le corporatisme syndicale opposé à toute forme de libéralisme ,est efficace en s'opposant sans jamais proposer .
Mettre en cause le Président GROSSMANN relève d'une totale mauvaise foi et démontre une certaine méconnaissance du dossier .
SURPRENANT , pour un représentant syndical qui se doit être au fait des réalités du terrain .
CORDIALEMENT .(fh)

Ecrit par : FABRICE | 11.07.2008

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